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Maroc/ Tables Rondes de l’Arbois à l’UM6P : Nourrir le monde, tel est le défi

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D’abord le contexte. Depuis plus d’une décennie, sous format Tables Rondes de l’Arbois, la technopole de l’Arbois, située sur le territoire d’Aix-en-Provence, en partenariat avec l’Université Aix-Marseille, le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) et l’IRD (Institut de recherche pour le développement), organise une rencontre annuelle liant les sciences exactes, les sciences humaines et sociales et les technologies nouvelles.

Pour sa 12e édition, la technopole de l’Arbois a choisi l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P) de Benguérir pour débattre de la thématique, on ne peut plus d’actualité : « Nourrir le monde : les enjeux, les limites ».    

Traditionnellement tenues à l’Université Aix-Marseille, les Tables Rondes de l’Arbois réunissent un think-tank composé de près de 40 experts de renommée mondiale. Ces rencontres se veulent être le pont entre le monde de la recherche et le monde de l’industrie ainsi que les dépositaires des nouvelles technologies nécessaires à l’essor du secteur agro-industriel. Ce sont des rencontres qui s’adressent également aux citoyens, pas forcément initiés aux vocables techniques et technicistes utilisés par les experts et les scientifiques.

Daniel Nahon, Professeur émérite à l’Université Aix-Marseille

Pour sa 12e édition, la technopole de l’Arbois a choisi l’Université Mohammed VI Polytechnique de Benguérir. Un choix qui répond d’une part, à l’urgence de s’ouvrir à un continent au potentiel agricole énorme et d’autre part, à la qualité des chercheurs et des investissements réalisés par l’Université Mohammed VI Polytechnique à travers le continent. Comme l’atteste le propos de Hicham El Habti, Président de l’institution : « A l’UM6P, nous consacrons une grande partie des ressources dans le domaine de la recherche autour de cette question et nous disposons de plusieurs fermes expérimentales à Benguérir et en Afrique subsaharienne qui permettent à nos chercheurs de tester de nouvelles variétés de semences, de nouvelles applications d’engrais et de nouvelles technologies liées à l’irrigation. »

Selon les statistiques publiées chaque année par la FAO, l’Afrique possède 65% des terres arables non cultivées du monde. Malgré cet énorme potentiel qui selon plusieurs experts suffiraient à nourrir toute la planète, le continent peine à satisfaire ses propres besoins alimentaires. En effet, l’ensemble des pays du continent importe en moyenne chaque année des produits alimentaires pour 35 milliards de dollars. Une situation qui risque d’empirer avec le conflit russo-ukrainien. Et pour cause, ces deux pays représentent à eux seuls 30% des exportations de blé dans le monde avec respectivement 75 millions et 33 millions de tonnes produites chaque année. La crainte d’une crise alimentaire dans le monde et sur le continent est omniprésente. En effet, un pays comme l’Éthiopie importe chaque année pour plus de 700 millions de dollars de blé. Il en est de même pour plusieurs autres pays du continent africain notamment l’Algérie, le Nigeria, l’Egypte… dont les importations en blé proviennent essentiellement de ces deux pays. Face à cette situation, Daniel Nahon, Professeur émérite à l’Université Aix-Marseille, lance un cri d’alarme : « Il est donc urgent que les scientifiques s’expriment pour que les politiciens nous écoutent et puissent prendre les mesures adéquates, notamment en Afrique, qui dispose de réserves importantes de sols arables », tout en reconnaissant les efforts du Maroc dans ce sens. Toutefois, l’avancée des recherches notamment dans les secteurs tels que les énergies renouvelables et les techniques agricoles augure d’un lendemain meilleur pour le continent.

 

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