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Mauritanie. La SNIM dans l’œil du cyclone

La Société nationale industrielle et minière (SNIM) traverse une mauvaise passe. La chute du prix du fer pousse ses dirigeants à revoir non seulement leur stratégie de développement de la première entreprise du pays mais à penser à sa survie.

Mines africainesParmi les mesures prises par la SNIM figure son désengagement de la société d’assurance et de réassurance Damane nouvellement créée. L’on parle à ce sujet de la cession de 42% de sa participation dans cette société à l’Etat mauritanien. La SNIM reste toutefois actionnaire à hauteur de 20% de cette compagnie. Créée en 2010, grâce à un montage financier associant la Société nationale industrielle et minière de Mauritanie (SNIM), qui en détenait 70% des actions, et trois privés nationaux chacun à 10%, la Société Damane Assurances, dont la direction générale avait été confiée au cousin germain du président Aziz, avait enregistré une croissance rapide de son chiffre d’affaires grâce surtout à la réassurance de toute l’activité de la SNIM. Autre preuve de difficultés rencontrées par le premier employeur de Mauritanie depuis que les prix du minerai de fer ont chuté, début 2014, l’arrêt depuis plusieurs mois, de la construction de son nouveau siège de 15 étages en face de la Banque mauritanienne pour le commerce international (BMCI). Un investissement de 15 millions d’euros (5,5 milliards d’ouguiyas) jugé inopportun par des spécialistes. Au niveau de Zouerate, où se trouvent les installations de la société, et à Nouadhibou, port minéralier par lequel la SNIM achemine 13 millions de tonnes de minerai de fer vers les marchés d’Europe, la grogne des travailleurs a repris depuis plusieurs semaines. La SNIM est accusée, notamment par les milliers de journaliers, d’avoir failli aux engagements qui ont permis de mettre un terme à la grève de mars-avril 2014. En reconnaissant les difficultés qu’elle met toutefois sur le compte d’une conjoncture internationale caractérisée par la baisse vertigineuse des prix du fer, elle espère susciter un élan de compréhension chez ses employés pour attendre le retour de l’embellie.

L’opposition qui ne rate aucune occasion pour tirer à boulets rouges sur le pouvoir et ses symboles, souligne qu’au lieu de profiter de la période des «vaches grasses», entre 2010 et 2014, pour se constituer un trésor de guerre et moderniser son outil de production afin de pouvoir sans encombre franchir les écueils actuels, la SNIM s’était lancée dans un programme onéreux et irréfléchi de diversification qui ne répondait à aucune logique et qui était souvent, très éloigné de son objet et de son activité première. Ainsi on a vu l’entreprise investir et s’investir dans des domaines aussi divers que le tourisme et l’hôtellerie, les assurances, le transport aérien et terrestre, le BTP, l’immobilier, la production d’énergie, les aciéries et les medias. Pour faire face à toutes ces difficultés, l’Administrateur-directeur général de la SNIM, Mohamed AbdellahiOuldOudda, s’est rendu à Paris où il tente vaille que vaille de trouver des investisseurs prêts à mettre la main à la poche pour venir en aide à l’entreprise d’exploitation du minerai de fer en Mauritanie. Car ce qui urge en ce moment ce n’est pas la réalisation du plan de développement stratégique «Nouhoud», avec pour objectif une production de 40 millions de tonnes de minerai de fer à l’horizon2025, mais de maintenir à flot une entreprise qui, depuis l’indépendance de la Mauritanie, constitue le symbole de sa souveraineté et le pilier de son économie.

Mines SNIM

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