Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Mines : Sénégal, Le grand tournant

Mines : Sénégal, Le grand tournant

Le cinquième Salon international des Mines (SIM) du Sénégal, qui ouvre ses portes du 6 au 8 novembre 2018, a fini par faire partie du calendrier d’affaires du secteur minier africain, voire international.

Le Sénégal attire un important flux d’investissements privés, tant dans l’exploration que dans l’exploitation de l’or, du fer, du zircon, du titane, de l’uranium, des phosphates et de la cimenterie.

Le Sénégal est, aujourd’hui dans un tournant décisif, en ce qui concerne le développement du secteur minier, qui pourrait jouer un rôle déterminant dans l’économie nationale, tant au niveau de l’exportation que de sa contribution à la diversification de celle-ci.

Cet évènement biennal, parmi les plus grands sur les mines en Afrique de l’Ouest francophone, organisé par le ministère de l’Industrie et des mines du Sénégal en partenariat avec AME Trade Ltd, veut s’inscrire dans la volonté du gouvernement sénégalais de valoriser les ressources minéralières du pays en rapport avec les communautés locales et les entreprises qui investissent. En effet, le thème du cinquième SIM porte sur « Géologie et mines, facteurs de progrès social et l’emploi pour l’émergence ». Selon la ministre de l’Industrie et des mines du Sénégal, Aïssatou Sophie Gladima Siby : «cet événement minier biennal organisé par le ministère de l’Industrie et des mines du Sénégal en partenariat avec AME Trade Ltd est désormais inscrit dans le calendrier du gouvernement ».

Aïssatou Sophie Gladima Siby, ministre des Mines du Sénégal

Aïssatou Sophie Gladima Siby, ministre des Mines du Sénégal

Il faut dire que les mines constituent un des leviers du programme gouvernemental baptisé « Plan Sénégal Émergent (PSE) ». «Le thème de l’événement traduit la volonté manifeste du président MackySall et de son gouvernement de prendre davantage en considération les préoccupations des populations à partir des retombées du secteur minier, en vue de partager, sur une large échelle sociale, les fruits de la croissance économique et d’envisager avec plus d’optimisme le développement de notre pays», ajoute Aïssatou Sophie GladimaSiby. Pour rappel, le gouvernement a des objectifs bien définis en matière de production minière à l’horizon 2020. C’est ainsi que ce secteur occupe une place de choix dans le PSE et figure parmi les six secteurs prioritaires retenus pour porter le taux de croissance à 7 % sur les 10 prochaines années. Pour ce faire, les objectifs retenus à l’horizon 2020 sont de produire annuellement 15 à 20 millions tonnes de minerai de fer, environ 2,5 millions de tonnes de phosphates, 3 millions de tonnes d’acide phosphorique, 17 tonnes d’or et 90000 tonnes de zircon. Il faut dire que les pouvoirs publics sénégalais ne s’en cachent pas : avec les importantes ressources minières dont dispose leur pays, ils veulent doper les mines. Aussi, avec l’arrivée de MackySall à la présidence en 2012, celui-ci, géologue de formation, a voulu donner plus de valeur aux mines de son pays. «SIM Sénégal sera un moment d’échange et de partage avec les grands pays miniers. Le Sénégal est, aujourd’hui dans un tournant important, en ce qui concerne le développement du secteur minier, qui pourrait jouer un rôle décisif dans l’économie nationale, tant au niveau de l’exportation que de sa contribution à la diversification de celle-ci », estime la ministre de tutelle qui pense que le SIM 2018 sera un moment fort pour l’investissement minier au Sénégal. En effet, le Pays fait partie des acteurs économiques de l’Afrique de l’Ouest et constitue un terreau pour les investisseurs. Il s’apprête également à entrer dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures. Depuis la première découverte de pétrole offshore, en octobre 2014, jusqu’aux gisements de gaz révélés en mai 2017, Dakar ne cesse d’attirer les grandes compagnies pétrolières. L’exploitation de ces ressources débutera en 2021. Selon les estimations, l’exploitation pétrolière et gazière devrait générer 150 milliards de dollars pour l’économie sénégalaise. Il faut dire que s’il y a un gisement qui a volé la vedette aux autres, c’est bien le pétrole. Car depuis plus de 60 ans les recherches de l’or noir n’ont pas cessé. Le groupe britannique Cairn Energy annonçait en 2014 avoir découvert du pétrole à environ 100 kilomètres au large des côtes ouvert de Sangomar, dans le littoral sud-ouest du pays. Depuis les bonnes nouvelles se sont accumulées pour Cairn Energy.

C’est au total 15 à 20 puits que la junior pétrolière écossaise et ses partenaires sont en train de creuser avant l’extraction des premiers barils de pétrole commercialisables au Sénégal. Celle-ci est attendue à partir de 2021-2023, avec un plateau de production estimé entre 100 000 et 120000 barils de brut par jour.

Dakar espère toutefois atteindre rapidement ses objectifs afin d’alléger sa facture pétrolière, qui tourne autour de 10% du PIB. Aujourd’hui, le pays qui veut profiter de cette promotion de la filière pétrole, entend activer trois principaux leviers pour faire susciter davantage l’intérêt grandissant des investisseurs privés et par ricochet atteindre ses objectifs à l’horizon 2020. Le premier levier consiste à faire une bonne publicité de la destination Sénégal, à travers des rencontres comme le Salon International des Mines du Sénégal (SIM). En effet, jusqu’en 2003, les principales ressources du pays ont toujours été outre le phosphate, la pêche, le tourisme et l’arachide, des secteurs aujourd’hui en difficultés. Pour élargir les possibilités de développement, un nouveau code minier plus incitatif pour attirer les investisseurs est adopté. Ce qui permet au Sénégal d’attirer un important flux d’investissements privés, tant dans l’exploration que dans l’exploitation de l’or, du fer, du zircon, du titane, de l’uranium, des phosphates et de la cimenterie. Il envisage dans le même temps de revaloriser les secteurs du fer, du zircon et du phosphate, pour devenir un « hub minier régional ». En 2017, une production de 2,4 millions de tonnes de phosphate a été atteinte. Il ambitionne aussi de devenir le 4ème producteur mondial de zircon, à l’horizon 2023, avec un rendement annuel de 90 000 tonnes.

Aujourd’hui, l’exploration minière se poursuit à pleine échelle dans le territoire et plusieurs géants miniers tels que Toro Gold, situé à l’Est du Sénégal, à proximité du parc national Niokolo Koba et du fleuve Gambie, et Bassari Resourcessont passés à la production. Dans ce secteur de l’or, le Sénégal nourrit aussi de grandes ambitions. Il souhaite intégrer le top 7 des plus grands exportateurs du continent, d’ici 2035, a déclaré la ministre des Mines, lors d’un atelier de validation de la revue annuelle conjointe de son ministère. Selon cette dernière, le pays prévoit de porter sa production aurifère annuelle, de 7,25 tonnes en 2017, à 18 tonnes, d’ici 2023. « Pour ce faire, en plus des mines de Sabodala et de Kharakhéna, le projet d’exploitation du gisement d’or de Mako, dont les réserves sont estimées à 1,6 million d’onces pour une production annuelle de 140 000 onces par an, est entré en phase-test de production commerciale », a-t-elle expliqué.

Salon International des Mines du Sénégal : Un rendez-vous minier incontournable en Afrique de l’Ouest

Dan Coberman, Directeur général de AME TRDE Ltd.

Dan Coberman, Directeur général de AME TRDE Ltd.

Comme lors des précédentes éditions du SIM Sénégal, des investisseurs internationaux, des spécialistes des mines et du pétrole, des institutions financières, sont attendus à cette 5 ème édition. De même que des dirigeants du secteur minier en Afrique de l’Ouest, des partenaires au développement et des entreprises impliquées dans l’exploration minière et dans les services connexes. SIM Sénégal, qui s’est déjà imposé comme l’un des principaux événements sur le secteur minier en Afrique de l’Ouest, offre l’opportunité aux participants de tisser des relations d’affaires, de découvrir les dernières technologies et les nouveaux produits, de promouvoir leurs produits et services… SIM Sénégal 2018 sera focalisé sur les nouvelles évolutions et investissements pour une meilleure croissance et l’expansion du secteur minier sénégalais. La Conférence sera axée sur le nouveau code minier et la manière dont il peut profiter tant au développement social qu’économique du pays et la rentabilité des entreprises minières. Il sera également, un lieu d’échanges, de partenariats et d’opportunités d’affaires entre sociétés minières, institutions de financements publiques et privées, bilatérales ou multilatérales, sociétés de services, porteurs de projets, experts miniers et États, à l’échelle des décideurs. Selon, le directeur général d’Ametrade, Dan Coberman, le Salon International des Mines du Sénégal est l’événement incontournable pour les professionnels de l’industrie minière opérant ou souhaitant s’implanter en Afrique de l’Ouest. «Ce Salon va accueillir plus de 3000 participants de différentes nationalités, a-t-il dit.

Un code minier qui se veut gagnant-gagnant

Le Sénégal a adopté le 20 mars 2017 la loi N°2016-32 du 08 novembre 2016 portant Code minier, après un processus participatif et inclusif qui aura duré trois années. L’application de cette loi a nécessité un décret d’application qui régit les titres miniers durant toute leur durée de vie. Il s’agit de : élection de domicile et principaux renseignements à fournir, conditions de délivrance, de transfert, de renouvellement, de renonciation, de retrait, de négociation et de signature de la convention minière, de recouvrement et de liquidation des droits et taxes, de contrôle, de réparation des dommages.

Nouveau Code minierLe décret fixe les modalités d’application du code minier actuel du Sénégal. Ce code vise selon les autorités à renforcer le partenariat gagnant-gagnant, de manière à créer un environnement minier favorable au développement économique durable. le nouveau code sénégalais met en œuvre de nombreux changements importants qui suivent ceux introduits ailleurs en Afrique au cours des dernières années, comme l’introduction de dispositions sur le développement local, des obligations environnementales et de transparence accrues, des modifications des redevances et des calculs des taxes et même l’option d’entrer dans un partage de production Accord, un concept plus fréquent dans le secteur du pétrole et du gaz. Grâce à l’introduction de la transparence, du contenu local et des garanties environnementales, conjuguée à des incitations favorables aux investisseurs, le nouveau code minier alignera le Sénégal sur d’autres pays africains qui ont récemment réformé leurs secteurs miniers et ont le potentiel de stimuler le bien-être.

Ciment : Un secteur en surproduction

Aujourd’hui, le ciment est la deuxième source d’exportation du secteur minier. Le Sénégal possède d’importantes réserves de calcaire et compte désormais trois cimenteries. La Société ouest-africaine des ciments (SOCOCIM), acteur historique et filiale du groupe français VICAT depuis 1999, a une capacité de 3,5 Mt/an et une production effective de 2,8Mt. Les Cimenteries du Sahel(CDS) de la famille Layousse ont une capacité de 3,2 Mt/an et une production effective de 2 Mt. Le nigérian DangoteCement a une capacité de 1,5 Mt/an, et une production effective de 1,2 Mt. Son entrée en production en janvier 2015 a mené à une baisse des prix, désormais parmi les plus bas d’Afrique de l’Ouest, et du taux d’utilisation des capacités des concurrents (Dangote prétend avoir atteint un tiers des parts de marché en moins de deux ans grâce à une stratégie marketing offensive). Le pays demeure malgré tout en surproduction. La production totale du Sénégal est de 6 Mt pour une capacité de 8,2 Mt, tandis que la demande domestique se limite à 3,4 Mt par an, avec une croissance moyenne de 4,5% par an. L’excédent est exporté dans la sous-région, principalement au Mali mais ce débouché est menacé par plusieurs projets de cimenteries maliennes. En 2017, les exportations de ciments du Sénégal représentaient près de 105 milliards de FCFA, soit 7,68 % du total des exportations du pays.

Des revenus en attendant le pétrole et le gaz

Selon un rapport publié en octobre 2016 par le comité national de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie), le secteur de l’extraction génère pour le Sénégal des revenus conséquents : plus 125 milliards de FCFA, dont une contribution directe au budget de l’État de près de 100 milliards. Le reste de ce montant a servi aux paiements sociaux et autres versements. C’est une augmentation de 71 milliards de FCFA par rapport aux revenus de l’année 2015. Un accroissement des revenus de l’industrie extractive porté par la mise en branle des activités de la cimenterie de l’homme d’affaires nigérian AlikoDangote, l’exploitation des minéraux lourds par Grand Cote Operation (GCO) dans la localité de Diogo et l’utilisation de prestataires locaux pour les travaux de forage de Cairn Energy au large, explique le document. Le même document a montré que le secteur minier était en 2014 le plus important contributeur aux revenus étudiés.

Exploitation de l'or à Sabadola

Exploitation de l’or à Sabadola

 

Aïssatou Sophie Gladima Siby Mines

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*