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Que retenir de tout cela ? C’est d’abord que la demande de transport aérien, loin de fléchir, reste très dynamique. Dès lors la capacité des A380 devient incontournable pour pallier les difficultés de livraison de Boeing, dont on ne sait pas quand elles se termineront. Il est possible que les transporteurs qui ont sorti ce modèle de leur flotte soient amenés à le regretter. Et enfin il est clair que le transport aérien aura besoin d’un très gros porteur, de l’ordre de 100 places pour résoudre l’impossible équation qui consiste à satisfaire la demande de transport tout en atteignant les objectifs de décarbonation annoncés pour 2050.

C’est l’histoire d’un succès transformé en échec pour finir par devenir une réussite pour les transporteurs capables de le rentabiliser. Son histoire a commencé par une esquisse dès 1988 car il fallait à l’époque se positionner en face d’un Boeing triomphant. Pour autant il a fallu attendre 7 ans pour démarrer le projet en 1995 et 10 autres années avant de réaliser le premier vol le 27 avril 2005. La première compagnie livrée a été Singapore Airlines qui a réalisé le premier vol commercial le 15 octobre 2007

Descendant de l’horloger Abraham-Louis Breguet (1747-1823), Louis Charles Breguet, (1880-1955) diplômé de l'Ecole Supérieure d'Electricité (SupElec) est un constructeur d'avions français. En tant que membre de la famille Breguet, il perpétue une longue tradition d'innovations technologiques. Il crée en 1935, la Société Anonyme des ateliers d'aviation Louis Breguet, répartie à Paris et sur plusieurs sites dont Saint-Nazaire dans l’estuaire de la Loire. Il décide de s'agrandir afin de développer sa production aéronautique. Ses ateliers de Saint-Nazaire, imbriqués au milieu des chantiers navals, se prêtent mal au projet d'extension. Il décide alors d'implanter une usine près de Nantes.

Louis Charles Breguet a participé en 1924 aux Jeux Olympiques d'été et a remporté une médaille de bronze en tant que barreur de son voilier de 8 mètres Namoussa. Les temps pionniers de l’aviation sont nés dans des hangars à bateaux, avec les premiers hydravions en bois et en tissu. Entre ciel et mer, la haute technologie navale a nourri des innovations aéronautiques. La décarbonation renforce aujourd’hui cette complémentarité

Il faut dire que les constructeurs se heurtent à d’immenses difficultés. Boeing doit tout d’abord réformer entièrement sous le contrôle maintenant très strict de la FAA (La Fédéral Aviation Administration) qui ne laissera plus rien passer après les graves manquements enregistrés à propos du Boeing 737 MAX. Il faudra de nombreux mois avant que la production de Boeing passe des quelques 30 appareils mensuellement produits aux 70 à 80 nécessaires.

Décidément, plus le transport aérien est dénigré et plus il se développe sous l’avalanche de commandes en provenance essentiellement de l’Asie et du Golfe mais également de la part des compagnies dites occidentales obligées de rajeunir leurs flottes vieillissantes sous la pression écologique. Or seuls deux constructeurs sont en mesure de faire face à ce tsunami : Airbus et Boeing. Certes les fabricants d’avions régionaux Embraer ou ATR ont encore leur mot à dire, mais les défis sont infiniment plus simples pour eux que pour les deux géants

Et cette puissance économique et médiatique fait beaucoup d’envieux et de profiteurs qu’ils soient à l’intérieur même du système ou à sa périphérie. Citons dans le désordre les contrôleurs aériens et les pilotes de certaines compagnies, les hommes politiques, certains dirigeants dans le secteur d’activité, les fonds d’investissement et j’en oublie certainement. Il faut dire que la tentation est grande de mettre la main sur de gros, très gros pots de vin ou même de petits avantages.

Voilà un secteur d’activité qui attire toutes les convoitises, et c’est d’ailleurs assez justifié. Depuis la fin de la deuxième guerre mondiale il n’a fait que croitre de manière régulière jusqu’à tangenter les  5 milliards de passagers et pas loin de 1.000 milliards de dollars de chiffre d’affaires par an tout en devenant de plus en plus fiable à tel point qu’en 2023 un seul accident mortel a été déploré et encore il était dû à une très grossière faute de pilotage

Les commandes ont afflué auprès du constructeur européen alors que Boeing ne disposait pas d’un appareil compétitif. C’est alors que, pour des raisons strictement économiques, une version aménagée du B737 a été créée en urgence sans prendre en compte toutes les précautions liées à la sécurité. Cela ne pardonne pas et deux accidents mortels ont frappé Lion Air et Ethiopian Airlines. Comme il s’agissait de transporteurs disons exotiques, Boeing a commis la grave erreur de prendre l’affaire avec une certaine arrogance allant jusqu’à accuser les transporteurs en question de défauts dans leur organisation.

Le géant de la construction aéronautique américain traverse de très sérieuses difficultés. Boeing a énormément de peine à se relever de sa compétition malheureuse avec Airbus pour les appareils moyen-courriers, en clair, la classe B737 d’un côté contre les A 320 du constructeur européen. Il faut tout de même remarquer que le fabricant américain a un peu cherché ce qui lui est arrivé  

D’abord les constructeurs. Ces derniers fabriquent la capacité de transport et une grande part de la sécurité. Ce sont eux sur lesquels repose un confort sans arrêt en amélioration à tel point qu’on se demande ce qui reste à inventer.

Formidable réussite. Même s’il est pour le moment décrié, surtout dans certains pays riches qui pensent pouvoir s’en passer, le transport aérien est arrivé à maturité. 4,5 milliards de passagers tous les ans, aux alentours de 900 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 14.000 appareils en vol chaque jour, voilà des chiffres qui dépassent l’imagination. Il faut les diviser pour approcher la réalité : cela représente plus de 12 millions de passagers chaque jour, soit près de 515.000 chaque heure. C’est l’équivalent d’une importante agglomération. Et le tout avec un taux d’accidents qui se rapproche de zéro, c’est-à-dire l’excellence.