Formidable réussite. Même s’il est pour le moment décrié, surtout dans certains pays riches qui pensent pouvoir s’en passer, le transport aérien est arrivé à maturité. 4,5 milliards de passagers tous les ans, aux alentours de 900 milliards de dollars de chiffre d’affaires, 14.000 appareils en vol chaque jour, voilà des chiffres qui dépassent l’imagination. Il faut les diviser pour approcher la réalité : cela représente plus de 12 millions de passagers chaque jour, soit près de 515.000 chaque heure. C’est l’équivalent d’une importante agglomération. Et le tout avec un taux d’accidents qui se rapproche de zéro, c’est-à-dire l’excellence.

Or pour arriver à ce résultat, largement plébiscité par la terre entière, il faut mettre en œuvre une incroyable combinaison de compétences. Chaque vol réussi, c’est-à-dire qui part et arrive à l’heure est un vrai miracle tant l’exercice qui consiste à transporter des centaines de passagers sur des milliers de kilomètres à 10.000 mètres d’altitude et à 900 kilomètres à l’heure réclame un professionnalisme sans faille de la part de tous les acteurs, et ils sont nombreux.
D’abord les constructeurs. Ces derniers fabriquent la capacité de transport et une grande part de la sécurité. Ce sont eux sur lesquels repose un confort sans arrêt en amélioration à tel point qu’on se demande ce qui reste à inventer. Ils sont les principaux responsables de la limitation des émissions de CO² en dessous de 3% du total mondial en dépit d’une croissance régulière de l’ordre de 5% par an, ce qui conduit à un doublement du trafic tous les 12 à 15 ans. Les nouveaux appareils sont plus sûrs, plus économes en carburant, plus confortables et moins onéreux à exploiter. Qui dit mieux ? Et pourtant à eux seuls, les fabricants d’avions ne suffisent pas à créer le transport aérien.
Il faut bien entendu des aéroports et plus le trafic augmente plus le besoin d’installations modernes et efficaces se fait sentir. L’Europe est dans une situation difficile. Les espaces sont comptés et les aéroports de conception ancienne. Ils sont très difficiles à rénover car on ne peut pas les raser pour en créer de nouveaux à la très notable exception d’Istanbul. Et pourtant ils devront trouver les moyens de fluidifier un trafic en croissance, sans doute en utilisant massivement l’Intelligence Artificielle. Le reste du monde continue à investir massivement dans de nouvelles infrastructures aussi importantes que belles à regarder et pratiques à utiliser. Les investissements sont colossaux, à la mesure des ambitions des gouvernements.
Et pourtant l’addition des appareils et des aéroports ne suffit toujours pas à faire tourner le transport aérien. Pas de vol possible sans la multitude des sociétés de services : assistants aéroportuaires qui chargent et déchargent les appareils, parquent ces derniers et manient les passerelles, sociétés de nettoyage, avitailleurs pour remplir les réservoirs, stocker les carburants et les acheminer vers les appareils, agents de contrôle des postes d’inspection filtrages, sociétés de catering, mais aussi les forces de police et de contrôle aux frontières, les loueurs de voitures, les hôteliers, les vendeurs dans les galeries marchandes qui tiennent une place prépondérante dans les aérogares, les météorologues et j’en oublie certainement.
Et puis pas de transport aérien dans les contrôleurs du ciel dont on perçoit facilement l’importance chaque fois qu’ils se mettent en grève. Je note d’ailleurs que c’est là un phénomène européen pour une large part.
Voilà décrite à très grands traits la complexité du transport aérien. Et pourtant il manque un acteur principal, celui qui coordonne toutes les professions que nous avons évoquées : je veux parler de la compagnie aérienne. Toute cette effervescence est au service des seules compagnies aériennes qui ont pour mission de créer et de représenter le transport aérien. 1200 transporteurs aériens réguliers de taille extrêmement variée acheminent les 12 millions de passagers quotidiens.
Quatre d’entre elles ont créé le transport aérien moderne. Je me propose de consacrer une chronique à chacune d’elles. Elles le méritent bien. Les lecteurs découvriront ma sélection au fil des chroniques et chacun peut se faire sa propre sélection.
Ce sera pour moi une manière de rendre hommage à ceux qui ont créé les standards qui ont été finalement copiés par tous les opérateurs.
Qu’ils en soient remerciés.
* Hommage aux quatre compagnies aériennes devancières à découvrir dans cette rubrique sous la plume de Jean-Louis BAROUX semaine après semaine

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