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Bruxelles voit le Maroc devenir la nouvelle porte d'entrée de la Chine Les interrogations européennes ont franchi un nouveau cap à la fin du mois de mai. Dans une enquête remarquée publiée le 31 mai 2026, le Financial Times révèle que la Commission européenne redoute de voir le Maroc servir de « rampe de lancement » à des produits chinois bénéficiant de généreuses subventions publiques.

À Tanger, Kénitra et bientôt dans tout le corridor industriel du nord du Royaume, les investissements chinois s'accélèrent à un rythme inédit. Batteries, composants automobiles, pneumatiques : le Maroc est en passe de devenir un maillon stratégique de la filière mondiale du véhicule électrique. Une réussite industrielle que Rabat revendique, mais qui nourrit les soupçons de l'Union européenne, persuadée que Pékin pourrait utiliser le Maroc comme porte d'entrée sur le marché européen. Depuis les collines qui dominent Tanger Med, le paysage raconte déjà une autre histoire du pays nord-africain.

Le compte à rebours est lancé. En dévoilant, le 20 juillet, sa nouvelle feuille de route industrielle, Eramet anticipe le changement de paradigme imposé par le Gabon. Le pays, deuxième producteur mondial de manganèse, entend mettre fin aux exportations de minerai brut à partir de 2029 afin de capter une plus grande part de la valeur ajoutée générée par ses ressources minières.

À l'approche de l'interdiction des exportations de minerai brut annoncée par Libreville pour 2029, Eramet rebat ses cartes au Gabon. Le groupe français prévoit d'investir dans trois nouvelles unités de transformation du manganèse afin de renforcer sa présence industrielle et de s'ouvrir un accès à un marché encore embryonnaire mais stratégique : les matériaux destinés aux batteries des véhicules électriques.

Le Maroc renoue avec une dynamique économique rarement observée depuis plus de dix ans. Selon le dernier Rapport de suivi de la situation économique au Maroc, publié par la Banque mondiale sous le titre Consolider la croissance : La transformation numérique comme levier de productivité, le Royaume a enregistré en 2025 une croissance estimée à 4,9 %, son meilleur résultat depuis une décennie.

Le Maroc franchit une nouvelle étape dans sa transition énergétique. Le Groupe de la Banque mondiale vient d'approuver un financement de 265 millions de dollars pour la réalisation de la station de transfert d'énergie par pompage (STEP) d'Ifahsa, près de Chefchaouen. Cette infrastructure stratégique, parmi les plus importantes du genre en Afrique, renforcera la capacité du Royaume à intégrer davantage d'énergies renouvelables tout en sécurisant son approvisionnement électrique.

Le Maroc attire depuis quelques années de nombreux fabricants chinois de composants automobiles et de batteries électriques tels que Gotion High Tech, Guangzhou Tinci Materials Technology, et BTR New Material Group. Outre la proximité des marchés européens, la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et les bonnes performances logistiques de son complexe portuaire de Tanger Med, les groupes qui s’implantent au Maroc peuvent profiter des avantages des accords de libre-échange avec l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis.

L’équipementier automobile chinois Jiangsu Yunyi Electric a annoncé mardi 30 décembre que son conseil d’administration a approuvé la construction d’une usine au Maroc pour un investissement de 66 millions de dollars US. Cette décision confirme la forte attractivité qu’exerce désormais le Royaume auprès des équipementiers chinois qui, au passage, se mêlent à la bagarre avec des industriels japonais très présents au Maroc.

Si les batteries lithium-nickel-manganèse-cobalt ont jusqu’à présent dominé le marché des batteries électriques avec une part de marché de 60 %, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), l’agence relève l’émergence d’alternatives comme les batteries lithium-phosphate dont la part de marché se situe à 30 %. Derrière cette croissance, on retrouve surtout l’industrie chinoise qui fournit la majorité des batteries électriques dans le monde.

La demande des batteries lithium-fer-phosphate (LFP) va exploser sur le marché mondial. Entre 2024 et 2034, elle devrait enregistrer une croissance annuelle moyenne de 16,9 %, pour atteindre 90,3 milliards de dollars en 2034, selon les prévisions du cabinet Research and Markets. Ce boom conforte le géant marocain des phosphates, dans sa stratégie visant à devenir d’ici 2027 l’un des fournisseurs majeurs du secteur

La RDC vient de lancer les travaux d’aménagement de la zone économique spéciale devant abriter le futur site de production de batteries pour véhicules électriques. A travers un protocole d’accord signé fin 2022, les Etats-Unis s’étaient engagés à accompagner cette initiative par un soutien technique ou financier.

Kinshasa évalue à 30 milliards de dollars l’investissement nécessaire pour un projet de batteries pour véhicules électriques, exploitant le potentiel national en cuivre et cobalt. Les autorités devraient sans doute aborder le sujet avec Massad Boulos le conseiller de la Maison Blanche pour l’Afrique en visite en RDC ce jeudi 03 avril pour une tournée régionale qui le mènera au Kenya, au Rwanda et en Ouganda.

La Fédération de la Chimie et de la Parachimie (FCP), une des fédérations les plus dynamiques au Maroc, a été établie en tant qu'association professionnelle avec une personnalité morale et une autonomie financière depuis 1993. Elle rassemble des entreprises du secteur de la chimie, qu'elles soient marocaines ou filiales de groupes étrangers, privées ou publiques, implantées dans le pays. Outre les grands acteurs du secteur tels que l'OCP, SNEP, SCE Chemicals, Colorado, BASF, Bayer, Air Liquide, Innovx, P&G, la Fédération de la Chimie et de la Parachimie compte également plusieurs associations professionnelles représentant chaque filière de la chimie.

La Fédération de la Chimie et de la Parachimie (FCP) annonce la deuxième édition du forum international de la chimie, Sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, qui se tiendra à Rabat les 15 et 16 mai 2024, en partenariat avec le ministère de l’Industrie et du Commerce et l’Agence marocaine de Développement des investissements et des exportations(AMDIE)