Alors que de nombreuses fintechs africaines ont longtemps cherché à contourner les banques traditionnelles, FABA Finance défend une approche différente. Lancée entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal, la startup veut plutôt construire une infrastructure capable de rapprocher institutions financières et emprunteurs afin d’accélérer l’accès au crédit sur le continent.

Et si la vraie innovation financière n’était pas de remplacer les banques …
Depuis plusieurs années, l’écosystème fintech africain est marqué par une multiplication de solutions cherchant à disrupter les services financiers traditionnels. Mais chez FABA Finance, le discours est différent.
La startup considère que le problème principal du financement africain ne vient pas forcément de l’absence de banques, mais plutôt du manque de connexion efficace entre les institutions financières et les besoins réels des particuliers, PME et professions libérales.

Dans de nombreux pays africains, les banques disposent des ressources financières nécessaires pendant que les entrepreneurs, commerçants ou salariés continuent de rencontrer d’importantes difficultés pour accéder au crédit.
Entre les deux, les processus restent souvent longs, peu digitalisés et parfois difficiles à comprendre pour les emprunteurs.
FABA Finance veut justement fluidifier cette relation grâce à la technologie.
Une plateforme conçue pour simplifier les demandes de crédit
Fondée à Abidjan en 2025, la fintech développe une plateforme digitale qui prend en charge l’ensemble du parcours de demande de financement, depuis la simulation jusqu’à la transmission des dossiers aux institutions partenaires.
Au centre du dispositif se trouve Ghost Score™, un moteur propriétaire de scoring et d’orientation chargé de structurer et préqualifier les demandes avant leur analyse par les banques.
L’objectif est d’améliorer simultanément l’expérience des utilisateurs et la productivité des établissements financiers.
Pour les emprunteurs, la plateforme veut rendre le crédit plus compréhensible grâce à une approche pédagogique et à des outils digitaux destinés à améliorer la qualité des dossiers.
Pour les banques, FABA Finance promet des dossiers déjà structurés, traçables et préqualifiés afin de réduire les délais de traitement et renforcer la maîtrise du risque.
FABA Finance veut construire “le lien” entre banques et clients
Derrière cette approche se trouve la vision portée par Ivana Valera, présidente fondatrice de FABA Finance, forte de plus de vingt ans d’expérience bancaire.
Pour elle, les banques et les emprunteurs ne doivent pas être opposés mais reconnectés.
« FABA Finance est l’aboutissement d’une conviction forgée en plus de 20 ans de banque. Je me devais d’apporter une solution à impact durable pour l’économie africaine. Les banques ont besoin de clients, les clients ont besoin des banques — FABA Finance est ce lien, cette passerelle que je me suis engagée à construire pour les réconcilier.»
Cette logique illustre une évolution de plus en plus visible dans la fintech africaine : la collaboration devient progressivement aussi importante que la disruption.
Une vision du financement africain portée par la technologie intelligente
Chez FABA Finance, la technologie n’est pas présentée comme un substitut au secteur bancaire mais comme un levier d’efficacité.
Pour Laetitia Konan Kouaho, Chief Operating Officer de la startup, l’avenir du financement africain passera justement par cette complémentarité entre finance traditionnelle et outils technologiques.
«Le futur du financement africain passera par la collaboration entre institutions financières et technologies intelligentes. Notre ambition est simple : aider à financer davantage l’économie africaine, plus vite et mieux.»
Dans un continent où les besoins de financement restent massifs, les solutions capables d’améliorer le traitement du crédit pourraient rapidement devenir stratégiques.
Une phase pilote entre la Côte d’Ivoire et le Sénégal
FABA Finance lance actuellement sa phase pilote en Côte d’Ivoire et au Sénégal, deux marchés choisis pour leur dynamisme économique et la diversité de leurs usages financiers. Mais la startup voit déjà plus loin.
Au-delà du crédit, l’infrastructure développée doit progressivement intégrer d’autres services financiers comme l’assurance ou l’investissement.
Cette ambition traduit aussi une tendance plus large : les fintechs africaines cherchent désormais à construire des infrastructures financières complètes capables d’accompagner durablement la transformation économique du continent.
Les infrastructures du crédit deviennent un nouveau terrain stratégique
Après plusieurs années dominées par les applications de paiement et le mobile money, une nouvelle génération de fintechs africaines commence à s’intéresser aux couches invisibles mais essentielles du financement.
Scoring, préqualification, structuration des dossiers, intermédiation digitale ou gestion du risque deviennent progressivement des sujets centraux pour améliorer l’accès au crédit en Afrique.
Dans ce paysage, FABA Finance veut se positionner non pas comme une banque de plus, mais comme une infrastructure technologique capable de rendre les relations entre banques et emprunteurs plus fluides, plus rapides et plus intelligentes.



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