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Malgré cette menace qui pourrait s’avérer insoutenable pour les finances publiques, le ministre des Finances Cheikh Diba a déclaré que le Premier ministre avait rejeté, dès le départ, toute idée de hausse de prix du carburant à la pompe afin de relâcher la pression sur le budget de l’Etat.

C’est devant le Parlement que le ministre des Finances, Cheikh Diba, a mis en garde ce vendredi 22 mai contre l’explosion des dépenses de soutien aux prix des carburants. Sur un ton solennel, l’argentier du pays a révélé que la facture des subventions pourrait dépasser et de loin, les crédits prévus dans le budget 2026 pour atteindre 2 milliards de dollars si les cours du baril du pétrole atteignent 115 dollars en faisant allusion à la guerre contre l'Iran. Ce niveau représenterait environ un cinquième du budget total, a renchéri le Premier ministre Ousmane Sonko.

Depuis le déclenchement du conflit impliquant les États-Unis et l’Iran fin février, les marchés pétroliers ont connu une forte tension. Les cours du Brent et du WTI ont bondi d’environ 60 %, dépassant régulièrement les 100 dollars le baril. En cause notamment : les perturbations dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite près de 20 % du pétrole mondial. Une situation qui renchérit mécaniquement les coûts d’importation pour les économies africaines dépendantes.

Portés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, les prix du pétrole s’envolent et contraignent plusieurs pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) à revoir leurs tarifs à la hausse. Entre ajustements budgétaires et pression sociale, les États avancent sur une ligne de crête.

Les autorités ont averti que les prix pourraient encore augmenter en raison de la volatilité du marché liée au conflit entre les Etats-Unis et l'Iran.

Alors qu’un peu partout dans le monde, les compagnies aériennes en arrivent à réduire la voilure de leur trafic afin de ne pas voler à perte face à la flambée des cours du kérosène, Abuja a décidé de plafonner les prix de ce carburant utilisé par l’aviation. Le carburant d'aviation devrait se vendre entre 1.760 et 1.988 nairas (1,29 à 1,46 dollar) le litre à Lagos, et entre 1.809 et 2.037 nairas à Abuja, sur la base des prix de référence du 17 au 23 avril.

Il y a d’abord le récurent problème de l’approvisionnement en carburant. Un très bon article d’Air Journal éclaire la situation européenne. 70% du carburéacteur consommé en Europe provient du Moyen-Orient et en particulier du complexe Al Zour du Koweit. Il est clair que cette source de fourniture de Jet A ou Jet A1 va être singulièrement réduite tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas réouvert à la navigation et cela peut prendre plusieurs mois après la fin des hostilités, qui elle, n’est pas pour demain.

La situation n’est pas simple et les revirements permanents des acteurs interdisent de faire des prévisions quant à la sortie de crise. La complexité est d’autant plus importante pour le transport aérien que ce conflit vient se rajouter à la guerre entre la Russie et l’Ukraine qui est entrée dans sa cinquième année. On n’en finit pas. Il est tout de même curieux que les belligérants aient autant de peine à se mettre autour d’une table pour trouver un accord puisqu’à la sortie, ils seront bien obligés de le faire. Les conséquences pour les compagnies aériennes ne sont pas anodines.  

Le Président de la République, William Ruto, a accepté la démission de Mohamed Liban, Secrétaire d’Etat au Pétrole tandis que la compagnie publique, Kenya Pipeline Company, a confirmé que son Directeur général, Joe Sang, avait également démissionné.

Plusieurs cadres supérieurs et responsables du secteur énergétique ont été contraints à la démission suite à des accusations de manipulation des données sur les stocks de carburant et d'acquisition d'une cargaison d'urgence à des prix gonflés, a annoncé le cabinet du chef de l’Etat, William Ruto. Ces «profiteurs de la crise» due à la flambée des cours du pétrole, sont désormais dans le collimateur de la justice kényane.

La baisse de l’offre du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz met sous pression tous les gouvernements qui cherchent la parade pour atténuer l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Interpellée ce jeudi 2 avril, la ministre de l’Energie, Leila Benali, a tenu à rassurer les élus de la Nation sur le stock stratégique des produits énergétiques du pays. «Le Maroc dispose de suffisamment de diesel et d'essence pour couvrir respectivement 51 et 55 jours, tandis que les approvisionnements en charbon et en gaz sont assurés jusqu'à la fin juin,» a-t-elle révélé.

L'inflation en Afrique du Sud a été bien maîtrisée dans les mois précédant le conflit, ralentissant jusqu'à l'objectif de 3 % fixé par la banque centrale en février. Toutefois, cette tendance devrait s'accélérer à mesure que les effets des hausses anticipées des prix du carburant et de la faiblesse du taux de change se feront sentir. «Nous avions alerté sur les risques élevés et avons procédé avec prudence dans la fixation de nos taux », a déclaré le gouverneur Lesetja Kganyago en lisant la décision du Comité de politique monétaire.

La banque centrale sud-africaine, South African Reserve Bank, a maintenu son taux directeur à 6,75 % jeudi 26 mars au terme de la réunion de son Comité de politique monétaire, expliquant sa prudence par la hausse des prix de l'énergie liée à la guerre au Moyen-Orient et les risques d'inflation. Les économistes de grandes banques du pays avaient anticipé ce statu-quo, car le conflit au Moyen-Orient a contraint la plupart des banques centrales dans le monde à revoir leurs prévisions et à reconsidérer l'évolution des taux d'intérêt