En marge d’un événement gazier à Bangkok, le Sénégal a manifesté sa volonté de signer « tous les contrats qu’il peut » pour encourager l’exploration et l’exploitation de son gaz en offshore, une étape nécessaire au développement d’un gisement devenu central pour le projet maroco-nigérian de gazoduc.
Un gisement stratégique pour l’Afrique de l’Ouest
La découverte, en 2015, du gisement gazier de la Grande Tortue Ahmeyim (GTA), au large de la Mauritanie et du Sénégal, est venue conforter les ambitions marocaines autour d’un gazoduc ouest-africain. Avec plusieurs milliards de mètres cubes de gaz à la clé, cette ressource devrait, à terme, s’ajouter au gaz nigérian et aux autres futures découvertes dans l’axe dans le cadre du projet de gazoduc destiné à relier le Nigeria à l’Europe via le Maroc.
Selon les informations rapportées par TelQuel, l’OMCo, filiale de l’ONHYM chargée du projet, prévoit une mise en service du tronçon nord, reliant le Sénégal à l’Europe via le Maroc, à l’horizon 2031. Le tronçon central du gazoduc Afrique-Atlantique, quant à lui, ne devrait pas être opérationnel avant 2036.
Cette chronologie implique une période de transition d’environ cinq ans durant laquelle le projet marocain ne pourra pas encore compter sur le gaz nigérian. Il devra ainsi s’appuyer exclusivement sur les ressources gazières de la Mauritanie et du Sénégal, notamment celles issues du gisement de la Grande Tortue Ahmeyim, précise TelQuel.
La contrainte européenne du carbone
Or, il y a une contrainte de temps. L’Europe, destination finale et justification financière du gazoduc, vise la neutralité carbone à la moitié du siècle. « L’échéance 2050 se rapprochant, les pays européens hésitent à s’engager sur de nouveaux contrats gaziers à long terme. Alors, 2031, ce serait bien, car il resterait une vingtaine d’années », avançait en février dernier Francis Perrin, chercheur associé au Policy Center for the New South (PCNS).
Cette accélération des négociations sénégalaises s’inscrit dans un contexte où Dakar cherche à capitaliser sur ses ressources énergétiques pour asseoir sa position de hub gazier régional, tout en répondant aux exigences de calendrier imposées par la transition énergétique européenne.





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