Au Burundi, la société Growth Electric Mobility (Gem E-Mobility), une filiale de Solio Group a installé une toute première station de recharge solaire. Une des réponses à la pénurie récurrente du carburant et un moyen de protéger aussi l’environnement.

«Promouvoir la mobilité durable, réduire la dépendance du Burundi au carburant et contribuer dans la réduction des émissions des gaz à effet de serre, tel est le triple but de ce programme», confie Evrard Havyarimana, Directeur exécutif de Gem E-Mobility et initiateur dans un entretien accordé à AFRIMAG.
Gem E-Mobilty étant une société burundaise qui distribue de l’énergie et construit des infrastructures de recharge pour les véhicules à base du soleil. Selon lui, il s’agit de la plus grande station de recharge 100% solaire de l’Afrique de l’Est.
Inaugurée officiellement en mars dernier, la première station de recharge solaire du Burundi est installée en commune de Mukaza, au sud de Bujumbura, la capitale économique.
D’après Havyarimana, pour fonctionner, c’est tout un processus. «Tout commence par l’énergie solaire. Il existe d’abord une zone de production, c’est là où l’on trouve des plaques solaires qui servent à capter l’énergie générée par le soleil.» Puis, dit-il , cette énergie passe par ce qu’on appelle un inverseur et un onduleur qui, à leur tour, vont distribuer l’énergie générée soit dans la batterie ou dans les bornes électriques.
Un gain important
En plus du gain financier, cette station de recharge solaire permet de gagner du temps et la sécurité des véhicules électriques. Les bornes de recharge installées ont une capacité de 60 KW et génèrent une autonomie utilisable jusqu’à 600 km.
«Le litre d’essence est vendu à 4000 BIF et le KWH est à 2500 BIF. Donc un véhicule pour faire 500 Km a besoin de 50 KWH.»
Or, détaille-t-il, pour le même plein du gasoil, il va falloir dépenser au moins 250 mille BIF. Ce qui permet à l’automobiliste de générer du bénéfice en terme de coût quand il fait le plein.
Au niveau de la sécurité, le véhicule électrique, pour avoir 3 KWH avec le courant généré par la Regideso, cela demande au moins 14 heures. Pour la station solaire, 45 minutes suffisent. Mieux encore, au niveau des domiciles, il peut y avoir des coupures d’énergie. «Ce qui veut dire que s’il y a surintensité ou peu de tensions, ce qui arrive souvent au Burundi, cela peut avoir des incidents sur les véhicules électriques.»
Avec cette station, les automobilistes n’auront plus peur de quitter Bujumbura vers Gitega ou d’autres destinations du pays. Car, explique Evrard Havyarimana, bien chargé, le véhicule électrique aura une autonomie pour faire 500 km sans se soucier de l’énergie.
Résoudre la crise du carburant et protéger l’environnement
Avec cette station solaire, Evrard Havyarimana est convaincu que cela peut être une des solutions. «Le Burundi traverse depuis quelques années une crise énergétique.» La pénurie du carburant participe au ralentissement économique. «Donc cela nous a poussés à penser à une infrastructure qui permettra de remplacer les infrastructures de recharge dans le futur, petit à petit, les stations d’essence, par une infrastructure de recharge pour les véhicules électriques.»
Il s’agit aussi de contribuer à la protection de l’environnement en réduisant sensiblement les émissions de gaz à effet de serre. L’autre motivation est liée à la réduction de CO2.
«A titre indicatif, cette station permet d’économiser jusqu’à 6,5 tonnes de CO2 par mois. Une contribution à l’énergie verte !» Commente et PDG de Glob Electric Mobility, filiale de Solio Group.
Encouragement du gouvernement
«C’est vraiment une très bonne chose pour moi. Quand il n’y a pas de coupure électrique, pour faire le plein de ma petite voiture électrique, cela me prenait entre 4 et 5 heures. Ici, ça vient de me prendre moins d’une demie heure», se réjouit Adrien Bukuru, propriétaire d’un véhicule électrique.
C’est la satisfaction aussi du côté du gouvernement. Lors de son ouverture, Alain Ndikumana, ministre burundais des Finances a déclaré que cette infrastructure illustre le potentiel d’investissement du Burundi dans des projets d’avenir. «Nous appelons les investisseurs à soutenir des initiatives innovantes susceptibles de créer de la valeur, dynamiser l’économie nationale et réduire la dépendance aux énergies fossiles», a-t-il martelé, soulignant l’importance du partenariat entre l’État et le secteur privé pour accélérer le développement d’infrastructures modernes.
Pour sa part, le ministre des Infrastructures a rappelé que la mobilité électrique constitue un levier important pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et respecter les engagements climatiques pris dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat.
«Des mesures incitatives ont été mises en place pour encourager l’adoption de ces véhicules, notamment la suppression de la TVA et de la taxe sur la consommation pour les voitures électriques»,a-t-il révélé.
D’après les données de Gem E-Mobility, le Burundi compte déjà plus d’une cinquantaine de véhicules électriques dont la plus grande majorité est importée de la Chine et du Japon.
En août 2025, le gouvernement a lancé officiellement les véhicules 100% électriques dans l’objectif de réduire les gaz à effet de serre et d’offrir une alternative durable aux carburants fossiles.
D’après les données officielles, le Burundi consomme une moyenne annuelle estimée à environ 89,5 millions de litres d’essence et 97,7 millions de litres de mazout, produisant respectivement 205,6 millions de kg de CO₂ et 266,5 millions de kg de CO₂, soit un total de 472,1 millions de kg de CO₂ par an.





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