Interpellée ce jeudi 2 avril, la ministre de l’Energie, Leila Benali, a tenu à rassurer les élus de la Nation sur le stock stratégique des produits énergétiques du pays. «Le Maroc dispose de suffisamment de diesel et d’essence pour couvrir respectivement 51 et 55 jours, tandis que les approvisionnements en charbon et en gaz sont assurés jusqu’à la fin juin,» a-t-elle révélé
La baisse de l’offre du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) provoquée par la fermeture du détroit d’Ormuz met sous pression tous les gouvernements qui cherchent la parade pour atténuer l’impact sur le pouvoir d’achat des ménages. Alors que les stations-service du Royaume ont augmenté les prix du diesel et de l’essence d’environ 30 %, le gouvernement, qui avait supprimé les subventions du diesel en 2014, a rétabli temporairement les subventions pour les professionnels de transport, notamment les taxis, les bus et les camions, afin de maintenir la stabilité des prix.
Le Maroc dépend entièrement des importations de diesel et d’essence depuis 2015, suite à la fermeture de sa seule raffinerie pour cause de dettes impayées et à sa mise en liquidation. Pour diluer les risques, le Maroc a procédé à une diversification de ses sources d’approvisionnement en produits pétroliers et en gaz, notamment en provenance d’Europe et des Etats-Unis, ce qui a contribué à atténuer l’impact de la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran.
Les prix du charbon ont également augmenté suite à la guerre au Moyen-Orient, mais les approvisionnements ont été sécurisés jusqu’à fin juin, et des appels d’offres seront lancés mi-avril pour couvrir le troisième trimestre, a indiqué le ministère de l’Energie, cité par l’agence Reuters. Le charbon représente en effet environ 60 % de la production d’électricité du Royaume, contre 10 % pour le gaz naturel et 25 % pour l’énergie éolienne et solaire.
Bien que le gouvernement utilise des subventions pour tenter de freiner la transmission de la hausse des prix pétroliers, l’importation, le stockage et la distribution sont gérés par des entreprises privées et soumis aux forces du marché. La ministre des Finances, Nadia Fettah Alaoui a concédé que la digue des subventions ne suffira pas à contenir les pressions inflationnistes que charrie la flambée du brut. Le gouvernement a élaboré son budget 2026 en se basant sur l’hypothèse d’un prix du pétrole à 60 dollars le baril, alors qu’il cotait 108 dollars jeudi 2 avril dans la matinée. La banque centrale a déclaré le mois dernier que le Maroc pourrait puiser dans une ligne de crédit flexible du FMI de 4,5 milliards de dollars si les prix du pétrole dépassent 120 dollars le baril.





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