« J’ai été victime de dysfonctionnements internes à mon parti politique. Je prends acte de la décision de la Cour constitutionnelle et je décide de me retirer de la vie politique pour un temps.»
En prononçant ces mots le 28 octobre 2025, au lendemain du verdict de la Cour constitutionnelle, Renaud Vignilé Agbodjo a mis fin à plusieurs semaines de polémique. Le candidat désigné des Démocrates ne cherche pas d’alibi : il admet que la chute du principal parti d’opposition vient d’abord de l’intérieur.
Des consultations interminables et un parti divisé
L’échec des Démocrates ne s’est pas joué devant la Cour, mais bien avant, dans les bureaux du parti. Depuis des mois, la formation de Boni Yayi était minée par des luttes de pouvoir entre deux lignes : celle d’Éric Houndété, adepte d’une opposition institutionnelle, et celle du fondateur, attaché à un contrôle personnel.
Les discussions pour désigner un candidat à la présidentielle se sont éternisées, plus de trente noms circulant sans aboutir à un consensus. Ce n’est que le 14 octobre, à la veille de la clôture du dépôt des candidatures, que le duo Renaud Agbodjo – Jules Lodjou est officialisé. Une décision tardive, perçue comme imposée d’en haut, qui illustre le manque de méthode et de transparence d’une direction verrouillée par l’autorité de Boni Yayi.
Le parrainage manquant qui fait tout basculer
La suite est connue : le député Michel Sodjinou accuse la direction d’avoir utilisé sa fiche de parrainage sans son accord et retire publiquement sa signature. La justice lui donne raison. Privé de ce soutien, le parti tombe à 27 parrainages, en dessous du seuil légal de 28 requis pour concourir.
Plutôt que d’assumer la faute, les Démocrates multiplient les recours dans la précipitation. Mais la Cour constitutionnelle rejette leurs plaintes : certaines relèvent des tribunaux ordinaires, d’autres sont déposées hors délai. Le fond n’a même pas été examiné. Le droit a parlé, la procédure a suffi.
Une auto-exclusion évitable
Cette disqualification résulte donc d’un enchaînement d’erreurs internes : rivalités persistantes, calendrier bâclé, erreurs administratives et absence de discipline collective.
Même au sein du parti, plusieurs députés ont fini par admettre que les “dysfonctionnements internes” sont la cause première de cette débâcle. Les Démocrates se sont “auto-éliminés”, selon la formule désormais reprise jusque dans les rangs du parti.
Une leçon de lucidité politique
Face à ce désastre, Renaud Agbodjo a choisi la voie de la responsabilité. En assumant publiquement l’échec de son parti, il s’est distingué par une rare lucidité dans le paysage politique. Son attitude, loin des accusations et du déni, rappelle que la démocratie repose sur la discipline et le respect du droit.
Le Bénin s’avance désormais vers un duel Wadagni – Hounkpè, dans un climat institutionnel apaisé. Dans une République solide, la faute n’appartient pas au système, mais à ceux qui oublient d’en respecter les règles.
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