Le puissant syndicat tunisien UGTT- Union Générale des Travailleurs Tunisiens- a appelé ce vendredi 5 décembre à une grève générale pour le 21 janvier prochain, le premier mouvement de ce genre depuis que le président Kaïs Saïed s’est emparé de tous les pouvoirs en 2021 avant de lancer une répression féroce sur toute voix discordante dans le pays.
Ce syndicat historique qui a été en pointe lors de la révolution qui avait précipité la chute de Benali en 2011, dit vouloir «protester contre sa répression croissante des critiques» et exige l’ouverture immédiate des négociations salariales.
Cette grève pourrait paralyser tout le pays et mettre à rude épreuve un gouvernement déjà à court d’argent, et qui doit affronter la montée du mécontentement de la population face à la dégradation des services publics et la chute du niveau de vie des couches populaires et des classes moyennes.
En 2021, l’autocrate qui règne en maître sur la Tunisie, avait dissous le Parlement et a commencé à gouverner par décret, une mesure qu’il avait alors justifiée au motif qu’«il fallait éradiquer la corruption et la mauvaise gestion endémique,» mais que l’opposition avait qualifiée de coup d’Etat. L’UGTT, qui compte 1 million de membres, a averti que la situation se détériorait et a condamné l’érosion des libertés civiles et les efforts de Saied pour faire taire les partis politiques et le débat démocratique. Le syndicat a promis qu’il allait résister. «Nous ne sommes pas intimidés par vos menaces, ni par vos prisons. Nous ne craignons pas la prison… Nous poursuivrons notre lutte,» a prévenu Nourredine Taboubi, Secrétaire général de l’UGTT.
La décision de l’UGTT reflétait la frustration croissante face à l’érosion des libertés et à la répression menée par Saïed contre les dirigeants de l’opposition, les journalistes et les groupes de la société civile, dans un contexte de crise chronique, de la hausse du coût de la vie qui a poussé de nombreux Tunisiens au bord du gouffre.
Les militants des droits de l’homme affirment que depuis 2021, Saied a démantelé ou marginalisé les partis d’opposition et les groupes de la société civile. Il a par ailleurs envoyé derrière les barreaux les principales personnalités politiques de l’opposition et renforcé son contrôle sur le pouvoir judiciaire.
L’UGTT, qui a joué un rôle central dans la transition démocratique tunisienne post-2011 après des décennies de dictature, est restée ouvertement critique à l’égard de ce que les détracteurs de Saied décrivent comme une dérive accélérée vers l’autoritarisme.
Alors que le puissant syndicat avait initialement soutenu la décision de Saied de dissoudre le Parlement en 2021, il s’était opposé à ses mesures ultérieures, les qualifiant de «tentative de consolider le pouvoir d’un seul homme et d’instaurer une nouvelle dictature.»





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