Coup de froid pour les investisseurs de Bank Of Africa (BOA) Niger. Réunis en Assemblée générale ordinaire au siège de l’institution, les actionnaires ont acté une décision radicale : aucun dividende ne sera versé au titre de l’exercice 2025. Derrière cette prudence financière se cache une erreur de saisie informatique aux conséquences comptables vertigineuses.
Une erreur de date «futuriste» au coût bien réel
C’est une révélation qui a de quoi surprendre dans le milieu rigoureux de la banque. En mars 2023, lors d’un virement de 9,4 milliards de FCFA, un opérateur a commis une faute de frappe fatale en saisissant l’année 3023 au lieu de 2023.
Cette anomalie, restée invisible pendant dix-huit mois, a conduit le système bancaire à considérer que les fonds n’étaient pas disponibles. Conséquence directe : un calcul erroné des intérêts sur le découvert du client concerné, générant un trop-perçu indu de 1,82 milliard de FCFA. Cette somme a dû être intégralement régularisée, plongeant le report à nouveau de la banque dans le rouge, à -1,41 milliard de FCFA.
La résilience plutôt que la rémunération
Face à cette fragilisation des fonds propres, le Conseil d’administration a choisi la voie de la sécurité. En suspendant les dividendes — alors que les actionnaires avaient perçu 209,25 FCFA par action en 2024 — BOA Niger rompt avec sa tradition de générosité pour préserver sa capacité de résilience. Cette décision intervient dans un contexte macroéconomique déjà tendu au Niger, marqué par un ralentissement économique global, une hausse du coût du risque sectoriel et des incertitudes politiques persistantes depuis 2023.
Cap sur 2026 : un plan de reconquête ambitieux
Malgré ce revers technique et comptable, la direction de la filiale nigérienne affiche un optimisme mesuré pour l’avenir. L’institution mise sur un redressement rapide dès l’exercice suivant. «Le budget prévisionnel 2026 table sur un résultat avant impôts de 7,28 milliards de FCFA.» Pour atteindre cet objectif, la banque prévoit une hausse de 6,4 % du Produit Net Bancaire (PNB) et, surtout, une réduction drastique de 54 % de son coût du risque net. Pour les investisseurs, l’année 2025 sera donc une année de transition nécessaire pour assainir les bases avant un retour espéré à la croissance.
Cette affaire souligne l’importance cruciale de la cybersécurité et du contrôle interne dans les systèmes bancaires africains, où une simple erreur humaine peut impacter directement la rentabilité des actionnaires.





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