Pretoria a entrepris une refonte radicale de ses règles vieilles régissant les flux monétaires, notamment en renforçant son contrôle sur les crypto-actifs. L’objectif est de consolider la position du pays en tant que centre financier de référence du continent et d’attirer davantage de capitaux. Le ministère des Finances propose l’augmentation des plafonds discrétionnaires de détention offshore pour les particuliers et l’assouplissement des restrictions de transfert en devises sur les flux de capitaux.
Les responsables de la Bourse de Johannesburg jubilent. Ils estiment que cette réforme pourrait drainer à terme, jusqu’à 608 milliards de dollars d’investissements.
Une grande partie de la réglementation actuelle remonte à 1961, certaines dispositions datant même de 1933, confie Vukile Davidson, Directeur général-adjoint chargé de la Politique financière au Trésor, à l’agence Reuters. « A l’époque, le contrôle des changes servait principalement à traiter un large éventail de problèmes allant bien au-delà de la simple gestion des flux de capitaux ; il était utilisé pour gérer les recettes fiscales, contrôler les transactions illicites et garantir la stabilité du secteur financier », ajoute-t-il.
Possibilité de gérer des fonds non libellés en rands
L’un des principaux objectifs de cette réforme est de s’attaquer aux problèmes structurels de longue date qui ont vu l’Afrique du Sud perdre des capitaux financiers au profit de centres financiers concurrents. Selon le schéma envisagé, les gestionnaires d’actifs seraient autorisés, pour la première fois, à gérer des fonds non libellés en rands (qui lèvent, investissent et rendent compte en devises étrangères) depuis un siège en Afrique du Sud. La réglementation actuelle exige que ces fonds soient domiciliés légalement à l’étranger, même lorsqu’ils sont gérés localement.
« Des endroits comme l’île Maurice, le Kenya et Kigali de plus en plus, et Dubaï… ont beaucoup mieux réussi à attirer les entreprises financières sud-africaines », a déclaré Davidson.
Par ailleurs, cette réforme permettrait d’intégrer formellement les crypto-actifs dans le cadre du contrôle des changes, en les traitant pour la première fois comme une forme de capital distincte mais réglementée. Les échanges de crypto-monnaies au-delà d’un certain seuil ne seraient autorisés que par l’intermédiaire d’une nouvelle catégorie d’intermédiaires réglementés, avec déclaration obligatoire des avoirs et des transactions importantes auprès du Trésor.
En Afrique du Sud, la crypto-monnaie joue un rôle croissant mais controversé, où son adoption massive en a fait un outil pour le commerce, les transferts de fonds et, de plus en plus, les transferts de valeur transfrontaliers en dehors du système bancaire traditionnel.
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