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Nigeria : vers un ralentissement de la première économie africaine !

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Il y a quelques mois, le Nigeria se targuait d’être la première économie africaine avec un PIB recalculé de plus de 500 milliards de dollars. Malgré ce statut, la situation économique du pays n’est pas si rose : la monnaie et la bourse s’effondrent, les liquidités se raréfient et les réserves en devises se rétrécissent.

Ngozi Okonjo-iweala, ministre des Finances du Nigeria

Ngozi Okonjo-iweala, ministre des Finances du Nigeria

Les maux du Nigeria ont une seule et même source : la chute du prix du baril de pétrole. L’économie nigériane est fortement dépendante des revenus pétroliers qui assurent 75 % de ses recettes budgétaires. De plus, le pays a exporté près de 95 milliards de dollars US d’hydrocarbures en 2013, soit 96 % de ses exportations totales. Le Nigeria est aujourd’hui pénalisé par la nouvelle configuration énergétique mondiale et ses exportations sont concurrencées par le pétrole de schiste des Etats-Unis d’Amérique, son premier client, et qui coûte moins cher. Résultat : la chute du prix du brut entraîne la dépréciation du Naira, la monnaie locale et par conséquent le renchérissement des importations. Ainsi, le pays subit des tensions inflationnistes, exacerbées par une demande interne dynamique, satisfaite majoritairement de l’étranger (50 milliards d’importations en 2013). Le Naira subit également des pressions de la part des marchés financiers. La bourse de Lagos a enregistré, au titre de l’année 2014, sa plus mauvaise performance entrainant un désengagement des investisseurs amplifiant ainsi la demande pour le dollar. La conjugaison de ces deux phénomènes a contraint la banque centrale à défendre sa monnaie sur le marché des changes à raison d’un apport de 27 millions de dollars US en moyenne par jour. Conséquence : à la fin janvier 2015, les réserves en devises du pays s’établissent à près de 35 milliards de dollars US, soit 25 % de moins un an auparavant. Au final, pour stopper cette hémorragie, le gouvernement a été contraint de dévaluer sa monnaie en novembre dernier et de relever, pour la première fois depuis trois ans, les taux d’intérêt à 13 % ! Aujourd’hui, la conjoncture risquerait la prolifération de la spéculation et la hausse continue de l’inflation. Cette conjoncture économique morose doublée de l’instabilité politique ne favoriserait pas l’amélioration du climat des affaires, du moins à court terme.

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