Les autorités algériennes ont annoncé vouloir « revoir le calendrier » de l’entrée en vigueur effective de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne (UE), alors que le démantèlement douanier était censé débuter dès le 1er septembre dernier.
C’est en tout cas ce qu’a affirmé le Président algérien Abdelmadjid Tebboune lors d’une interview diffusée à travers plusieurs chaînes de télévision du pays.
L’accord d’association entre Bruxelles et Alger, qui a pris effet le 1er septembre 2005, projetait d’ouvrir leurs marchés respectifs au sein d’une Zone de libre-échange (ZLE).
Il prévoyait pour cela une période de transition de douze ans, jusqu’en 2017, afin que l’Algérie élimine progressivement ses droits de douane sur des produits industriels et qu’elle applique une libéralisation sélective de ses produits agricoles.
Cette période a par la suite été prolongée de trois ans, jusqu’au 1er septembre 2020, pour certains produits comme l’acier, les textiles, les produits électroniques et l’automobile.
La principale raison du dernier report demandé par Alger et auquel Bruxelles a consenti est que le pays traverse l’une des plus graves crises économiques et financières de son histoire du fait de la pandémie du Covid-19, mais aussi et à cause de la chute brutale des cours du pétrole.
En effet, l’économie algérienne était déjà malmenée du fait du recul des cours du pétrole qui sont passés de 140 dollars en juillet 2008 et qui s’étaient stabilisés autour de 110 dollars pendant les six ans qui ont suivi, mais qui peinent depuis 2014 à dépasser la barre des 80 dollars. Or, pour un retour à l’équilibre budgétaire et à celui de la balance des paiements, les cours doivent remonter au-delà de 100 dollars, contre 45 dollars récemment.
Par ailleurs, l’économie algérienne monosectorielle est l’une des moins bien préparées pour affronter la concurrence européenne. 95% de ses exportations sont basées sur le pétrole et jusqu’à 72% des revenus de l’Etat sont générés par les hydrocarbures. La question est de savoir quels produits l’Algérie sera-t-elle en mesure de vendre en Europe.


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