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Présidentielle aux Etats-Unis : qui sont les 6 femmes pressenties pour devenir colistière de Joe Biden ?

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L’équipe du candidat démocrate épluche les CV et profils de nombreuses personnalités. Mais alors que Joe Biden doit annoncer le nom de celle qui deviendra sa vice-présidente s’il est élu en novembre, franceinfo se penche sur six d’entre elles.

Source : Franceinfo

tinmar 970

Les pronostics vont bon train dans la presse américaine. Joe Biden a promis de révéler dans le courant de « la première semaine du mois d’août », le nom de celle qui sera sa colistière, appelée à être vice-présidente des Etats-Unis si le candidat démocrate bat Donald Trump lors de l’élection présidentielle en novembre.

En coulisses, l’équipe de celui qui fût lui-même vice-président de Barack Obama pendant les huit ans de son mandat, passe en revue les bilans et s’entretient avec les dernières candidates encore en lice. Si de nombreux noms ont circulé depuis des mois comme les gouverneures Gretchen Whitmer et Michelle Lujan Grisham, l’élue de la Chambre Val Demings ou encore la sénatrice Tammy Baldwin, franceinfo s’est concentré sur les six favorites. Même si l’équipe Biden pourrait aussi, comme d’autres avant elle, chercher l’effet surprise en dévoilant un nom inattendu.

Kamala Harris : la plus déterminée

La sénatrice démocrate Kamala Harris, au Capitol, à Washington, le 25 juin 2020. (POOL / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Points forts : Née à Oakland, en Californie, et fille d’immigrés jamaïcain et indienne, Kamala Harris accumule les titres de pionnière. Après deux mandats de procureure à San Francisco, elle devient ensuite la première femme, mais aussi la première personne noire, à accéder au poste de procureure de Californie. En janvier 2017, elle a prêté serment au Sénat à Washington, s’inscrivant comme la première femme originaire d’Asie du Sud et seulement la seconde sénatrice noire dans l’histoire américaine. Elle connaît bien Joe Biden et était proche de son fils Beau, mort d’un cancer en 2015. 

Points faibles : Si elle est aujourd’hui favorite, certains alliés de l’ancien vice-président ne pardonnent pas à la sénatrice de ne pas avoir eu assez de « remords » après avoir vivement critiqué le candidat démocrate lors de la primaire démocrate, où elle aussi convoitait l’investiture du partie. Dès le premier débat, elle l’a attaqué sur ses positions passées concernant les politiques de dé-ségrégation raciale dans les années 1970. Une prise de parole très remarquée et fidèle au style incisif dont elle fait preuve au Sénat. Les proches de l’ancien vice-président mettent ainsi en garde contre une colistière trop « ambitieuse » et rappellent qu’elle avait eu grand mal à décoller dans les sondages lors de la primaire démocrate. 

Susan Rice : la mieux préparée 

Susan Rice arrive à une conférence à Washington, le 16 avril 2018. (WIN MCNAMEE / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Points forts : Son expérience ne fait aucun doute. Ambassadrice aux Nations unies puis conseillère à la sécurité nationale sous la présidence de Barack Obama, la diplomate Susan Rice serait prête dès le premier jour à seconder Joe Biden sur les dossiers sensibles de politique étrangère. Réputée offensive, elle a appris à batailler avec la Russie et la Chine au Conseil de sécurité de l’ONU de 2009 à 2013, et saurait afficher la fermeté que le candidat démocrate veut incarner face aux adversaires stratégiques des Etats-Unis. Cette spécialiste de l’Afrique, marquée par le génocide de 1994 au Rwanda auquel elle a assisté impuissante au sein du gouvernement de Bill Clinton, connaît aussi parfaitement les rouages de la Maison Blanche. D’ailleurs, Joe Biden « a d’excellentes relations avec elle, ils ont travaillé ensemble pendant huit ans de manière très très proche, et cela compte beaucoup pour quelqu’un comme lui », estime David Barker, professeur à l’American University de Washington, cité par l’AFP.

Points faibles : Susan Rice, née à Washington de parents universitaires, bardée de diplômes prestigieux, n’a jamais été élue et pourrait être perçue comme une fonctionnaire éloignée des réalités de l’Amérique profonde. Plus embêtant encore, elle été éclaboussée par la polémique sur l’attaque de 2012 contre la mission diplomatique américaine de Benghazi, en Libye. Cela l’avait contrainte à l’époque à renoncer à briguer le poste de secrétaire d’Etat, et en ferait aujourd’hui une cible de choix pour le camp trumpiste.

 

Karen Bass : la plus discrète 

Karen Bass

La parlementaire Karen Bass à Los Angeles, le 4 mai 2019. (LEON BENNETT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Points forts : Méconnue malgré sa déjà longue carrière parlementaire, le profil discret de Karen Bass pourrait plaire à Joe Biden, à la recherche d’un bras droit fidèle et fiable, à l’instar de ce qu’il a été pour Barack Obama. Arrivée à la Chambre en 2011, cette ancienne assistante médicale était auparavant élue à l’Assemblée de Californie depuis 2004, dont elle était devenue, en 2008, la première présidente afro-américaine. Karen Bass dirige aujourd’hui l’influent groupe des élus noirs du Congrès américain et a rédigé un projet de réforme de la police portant le nom de George Floyd.

Points faibles : Ses positions marquées nettement à gauche pourraient en faire une cible évidente pour les républicains. Et un communiqué datant de 2016 risquerait de lui nuire particulièrement auprès des électeurs d’origine cubaine, cruciaux pour remporter la Floride : « La disparition du ‘Comandante en Jefe’ est une grande perte pour le peuple cubain », avait-elle écrit après la mort de Fidel Castro.

 

Elizabeth Warren : la plus progressiste 

Elizabeth Warren : la plus progressiste

Elizabeth Warren lors d’un meeting à Détroit (Michigan), le 3 mars 2020. (JEFF KOWALSKY / AFP)

Points forts : Portée par des supporters enthousiastes, la sénatrice progressiste était un temps apparue favorite de la primaire démocrate. Plutôt que d’accorder son soutien à Bernie Sanders, un « ami » pourtant proche de ses idées, elle a fait durer le suspense jusqu’à se rallier à Joe Biden en avril. Elle fait depuis campagne activement pour son ancien rival centriste, et participait encore vendredi soir à une levée de fonds en ligne. Avec cette pourfendeuse de Wall Street à ses côtés, le candidat démocrate pourrait attirer les plus à gauche mais aussi des électeurs afro-américains, chez qui elle a fait de meilleurs scores dans les sondages que Kamala Harris.

Points faibles : A 71 ans, elle aurait du mal à incarner la relève. Et son programme résolument progressiste pourrait effrayer les modérés et donner des arguments au camp Trump qui tente de décrire Joe Biden comme une « marionnette » de la « gauche radicale ». Bête noire du président républicain, elle serait aussi certainement attaquée sur des origines amérindiennes infimes qu’elle a longtemps revendiquées. De plus, la nommer donnerait aux républicains un siège précieux au Sénat que les démocrates espèrent reprendre en novembre.

 

Tammy Duckworth : la plus gradée

Tammy Duckworth : la plus gradée

La sénatrice Tammy Duckworth, lors d’une conférence de presse au Capitol, à Washington, le 11 juillet 2017. (CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Points forts : Le parcours de la sénatrice Tammy Duckworth est exceptionnel à plus d’un titre. Fille d’un vétéran de l’armée américaine et d’une mère thaïlandaise, elle s’est engagée dans l’armée et dans les Marines, avant d’être blessée en Irak en 2004, lorsque l’hélicoptère qu’elle copilotait fut touché par des insurgés. Amputée des deux jambes, elle a ensuite rejoint le gouvernement de Barack Obama au sein du très puissant ministère des Anciens combattants. Au Congrès, elle représente l’Illinois, Etat industriel du Midwest, dont elle a été d’abord l’élue à la Chambre des représentants de 2013 à 2017, puis au Sénat. Selon David Barker, professeur à l’American University de Washington, cette « héroïne de guerre », dans un pays qui adule ses vétérans, peut s’avérer « un peu plus sympathique et proche des gens » que certaines de ses concurrentes pour « une part importante de l’électorat ».

Point faible : Tammy Duckworth est beaucoup moins connue du grand public que ses collègues Kamala Harris et Elizabeth Warren. 

 

Keisha Lance Bottoms : la plus fidèle

Keisha Lance Bottoms : la plus fidèle

La maire d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms lors d’un rassemblement du comité démocrate, à Atlanta, en Georgie (Etats-Unis), le 6 juin 2020. (DUSTIN CHAMBERS / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

Points forts : La maire d’Atlanta, Keisha Lance Bottoms, est une fidèle soutien de Joe Biden. Mise en lumière pour sa gestion des manifestations qui ont sécoué sa ville à la suite de la mort de George Floyd, elle est aussi citée parmi les maires qui ont pris les choses en mains dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus, -avant d’annoncer elle-même avoir contracté la maladie. Fille d’un célèbre chanteur, Major Lance, elle a connu la difficulté quand ce dernier a été incarcéré pour possession de cocaïne, laissant sa mère subvenir au besoin de la famille à la tête d’une petite entreprise. Avocate et magistrate avant d’être élue, cette maire de quatre enfants apparaît comme une politicienne proche des gens. 

Point faible : Son manque d’expérience au niveau fédéral semble affaiblir ses chances de figurer sur le ticket au côté de Joe Biden.

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