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Production de vaccins : Avec l’usine de Benslimane, le Maroc sera au plus 5 ans un acteur « indispensable » sur l’échiquier international en termes de vaccins (Expert)

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Dans quatre à cinq ans, le Maroc sera un acteur « indispensable sur l’échiquier international en termes de vaccins » grâce à la mise en place du projet de l’unité de fabrication et de mise en seringue de vaccins anti-Covid et autres vaccins au Maroc, dont la cérémonie de lancement des travaux de réalisation a été présidée, jeudi à Benslimane, par SM le Roi Mohammed VI, a affirmé, vendredi 28 janvier, l’expert international en biotechnologie industrielle, Samir Machour. 

Ce projet stratégique permettra au Royaume, d’ici à 2030, d’acquérir la capacité scientifique nécessaire dans le domaine de la recherche et du développement, ce qui permettra, avec l’apport de nos universités et instituts, de développer des formations pertinentes, et mettre ainsi les bases d’un écosystème de l’industrie du vaccin, a souligné M. Machour dans un entretien à la MAP. La mise en place de cet écosystème est l’objectif ultime auquel aspire le Maroc conformément à la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI, qui permettra la réalisation de la souveraineté sanitaire du Royaume, a-t-il indiqué.  S’arrêtant sur les détails de cette unité de fabrication de vaccins, l’expert international a expliqué que ce projet, qui comporte une partie industrielle et une autre liée à la recherche et développement, se décline en trois étapes dont l’inauguration de l’unité de fabrication constitue la première.

Cette première étape vise à doter le Maroc d’une capacité de production en matière de mise en seringue et d’emballage des vaccins localement, a-t-il dit, ajoutant que cette phase sera prête fin 2022, avec le lancement de la production de flacons à essai fin juillet. Le Maroc disposera, à fin 2022, d’une capacité de production qui s’élèvera à 160 millions d’unités, soit 600 millions de doses (avec une moyenne de 5 doses/unité), poursuit l’expert, précisant que cette capacité de production permettra de couvrir les besoins du Royaume en matière de vaccins.  À l’horizon 2025, ce volume de production sera porté à 900 millions d’unités, soit 6 à 9 milliards de doses, ce qui pourrait couvrir les besoins mondiaux en matière de vaccins, et permettra de positionner le Maroc au 2e ou en 3e rang mondial en la matière, a ajouté Samir Machour.  S’agissant de la deuxième étape,  il a expliqué qu’elle porte sur la fabrication de la matière première, à savoir le vaccin lui-même, alors que la troisième (à l’horizon 2025) concerne la recherche et développement et vise la création de vaccins et de produits biotechnologiques proprement marocains. Ce projet va largement au-delà de la pandémie liée au Covid-19, et aspire à la fabrication de divers vaccins, fait-il remarquer, soulignant la possibilité de fabriquer la majorité des vaccins au Maroc après la finalisation de ce projet. D’ici 2023, l’usine de Benslimane contribuera à la fabrication de 60 % des vaccins utilisés en Afrique, ce qui aura un impact positif sur le continent, et permettra de garantir sa souveraineté vaccinale, a-t-il dit. Mettant en perspective cette donne, M. Machour a rappelé que 85 % de la population du continent n’a pas encore reçu de doses du vaccin anti-Covid, ajoutant que les vaccins utilisés en Afrique viennent de l’Unicef et de Alliance mondiale pour les vaccins et l’immunisation (Gavi).  Le continent s’est rendu compte, a-t-il poursuivi, de l’importance de garantir sa souveraineté sanitaire lors du déclenchement de la pandémie. Dans ce sens, a soutenu M. Machour, la mise en place du projet de l’unité de fabrication et de mise en seringue des vaccins épouse parfaitement l’esprit du Centre africain de contrôle et de protection des maladies (CDD) de l’Union africaine, qui vise à concrétiser l’indépendance du contient en matière des vaccins à l’horizon 2040.  L’expert international a estimé également que ce projet renforcera la présence stratégique et économique du Maroc en Afrique car il permettra de renforcer les échanges du Maroc avec les pays africains, et fera de lui le principal exportateur de vaccins vers ces pays. Par ailleurs, Samir Machour a relevé que la pandémie a confirmé l’importance du partenariat public-privé. Aucune partie ne peut à elle seule répondre aux besoins sanitaires de la population, a-t-il soutenu, ajoutant que l’unité de Benslimane est le premier exemple réussi d’un partenariat public-privé dans le domaine de l’industrie du vaccin.
                                                                                                                                                                                Avec MAP

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