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Reportage : TIMAR, Une success story bien de chez nous.

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Son envie d’expansion et de diversification a fini de faire de ce spécialiste du transport et de la logistique, un groupe international. TIMAR, entreprise cotée à la bourse de Casablanca depuis 2007, renforce d’année en année ses positions sur le continent et en Europe, et s’impose ainsi comme un des leaders dans son domaine d’activité et un acteur régional en Afrique de l’Ouest. Même si le groupage international de marchandises par camion à partir de l’Europe représente encore le gros de son business, il se positionne de plus en plus sur d’autres créneaux.

Par Mouhamadou Diop & Anthioumane D. Tandia.

«Notre priorité est d’être à l’écoute de nos clients et de les satisfaire par une approche de service mais aussi par une parfaite maitrise des rouages réglementaires. Nous veillons à chaque instant à être une force de proposition et à anticiper toutes les étapes permettant à nos clients d’être gagnants sur le coût et les délais. La maîtrise de l’ensemble des métiers du transport et de la logistique nous permet d’offrir un vrai service sur toute la chaîne. Cumulant les expertises de transporteur, de transitaire, et de logistique d’entrepôt, nous pouvons faciliter les flux de nos clients par une approche globale et la conception de solutions sur mesure. La diversification de nos activités et notre développement à l’international (13 filiales) nous ont conduit à adopter une organisation Groupe avec centre de profit et service support mais toujours orientée clients». Dixit Olivier Puech, PDG du Groupe TIMAR.

tinmar 970

Que de chemin parcouru pour cette entreprise familiale dont l’histoire est aujourd’hui une success story, depuis que le patriarche, feu Jean Puech, a décidé de poser ses valises au Maroc en 1980. Le choix n’est pas fortuit. En 1973 déjà, il met un premier pied dans le Royaume pour le compte d’une grande société de transport française. De cette expérience est née l’idée de monter une société marocaine spécialisée dans le transport routier international : TIMAR. Et très vite, le fondateur de l’entreprise prend le risque d’étendre son activité. Sept ans après, il rachète la société UTM, spécialisée dans le développement du transit et du transport maritime, qui sera absorbée par TIMAR. A partir de 1997, il porte son intérêt au transport aérien et maritime mais également à la logistique. Avant de s’ouvrir quelques années plus tard sur des projets industriels (transport d’éoliennes…), les déménagements et des activités de niches (du sur-mesure) comme les foires et expositions.

Conséquences logiques : cette entreprise familiale voit son capital confiance se consolider au fil des ans. Pour couronner le tout, TIMAR, devenu acteur marocain incontournable des métiers de la logistique, fait son entrée à la Bourse de Casablanca en 2008. Cette cotation lui confère un surcroît de crédibilité que beaucoup de ses concurrents lui envient. En plus, pour faire face aux difficultés du secteur ou se démarquer de la concurrence, TIMAR n’hésite pas à aller là où elle est le moins attendue. L’entreprise a, par exemple, installé au Portugal une de ses filiales européennes. Les autres étant en France et en Espagne.

L’Afrique d’abord

Le continent africain ne sera pas en reste. En 2010, la société ouvre une filiale au Sénégal, TIMAR Afrique de l’Ouest et ouvre TTM filiale du groupe dans la zone franche logistique de Tanger Med avec un entrepôt de plus de

3000 m². Le transporteur et logisticien vise le trafic Maroc/Afrique de l’Ouest ou Monde/Afrique de l’Ouest et Maghreb via le Maroc et Tanger Med. Afin d’atteindre ce but, TIMAR poursuit son renforcement sur le continent. Il crée en 2011 une filiale en Tunisie afin de répondre aux appels d’offres européens où les grosses compagnies exigent des transporteurs avec lesquels ils travaillent la couverture au Maghreb. Ensuite, durant la même année, le groupe dédie une filiale au Mali puis à la Côte d’Ivoire en 2014 et à la Mauritanie en 2017.

Au Maroc où se trouve le siège du groupe, les projets ne manquent pas non plus. Les agences régionales de Marrakech, Agadir et Casablanca via leurs plateformes logistiques, continuent de faire croître leur chiffre d’affaires.

Sur le plan des capacités, les surfaces d’entreposage et de distribution ont été considérablement augmentées jusqu’en 2015 pour dépasser sur l’ensemble du territoire les 22000 m² d’entrepôts couverts. En 2016, le groupe, à travers sa filiale TIMAR Tanger Méditerranée, met en place un entrepôt logistique dédié à l’automobile d’environ 1800 m² à Tanger Free Zone (TFZ). Ce projet vise principalement à satisfaire les besoins des industriels de TFZ principalement équipementiers, en termes de transport et de gestion des stocks, ainsi que la prestation de services à valeur ajoutée, tels que le contrôle qualité, le pesage, l’emballage, l’étiquetage et la préparation des commandes. Et depuis 2019 TIMAR a officialisé, en mars justement, un accord de partenariat avec le groupe Log’s, l’un des leaders français de la logistique.

Camion TIMARIl faut dire que la forte notoriété du français conjuguée à celle du groupe marocain permettra à TIMAR Tanger Méditerranée (TTM) de déployer sa stratégie. En associant son savoir-faire, TTM bénéficie à la fois de l’expertise en logistique de distribution, mais aussi industrielle de Log’s et de la connaissance du Maroc et de l’Afrique doublée d’une expertise de transitaire international pour TTM. Aujourd’hui, cette dernière revendique une notoriété lui permettant d’accompagner de grands opérateurs notamment dans l’industrie automobile ou des distributeurs ou industriels souhaitant installer leur hub pour l’Afrique à Tanger Med. Elle espère aussi convaincre des grands importateurs Ouest-africains d’utiliser leur service comme hub de consolidation pour leurs achats.

Fort de tous ses services et de ses 500 employés, le groupe entend renforcer son statut d’opérateur régional au Maghreb et en Afrique de l’Ouest.

 

TIMAR à travers les dates

 

  • 1980 : Création de la société TIMAR par Jean Puech ;
  • 1987 : Rachat de la société UTM, spécialisée dans le développement du transit et du transport maritime ;
  • 1997: Lancement de l’activité aérienne après l’obtention de l’agrément IATA ;
  • 2000 : Obtention d’autorisation d’exploitation des magasins sous douane ;
  • 2002 : Signature des premiers contrats de logistique complète ;
  • 2007 : Obtention de la certification ISO 9001 version 2000 ;
  • 2008 : Introduction en Bourse de TIMAR ;
  • 2008 : Inauguration du nouveau siège social ;
  • 2010 : Création de la filiale TIMAR Afrique de l’Ouest à Dakar et de TTM à Tanger ZFL
  • 2011 : Création de la filiale TIMAR Tunisie ;  
  • 2011 : Création de la filiale TIMAR Mali ;
  • 2014 : Création de la filiale TIMAR Côte d’Ivoire ;
  • 2015 : Certification«ONSSA» : Logistique/Casablanca/Marrakech/Tanger.
  • 2016 : Ouverture d’une plateforme logistique à la TFZ ;
  • 2017 : Ouverture de TIMAR Mauritanie ;
  • 2019 : Accord de partenariat avec le groupe Log’S «Logistique».  

 

Réseau TIMAR

Le réseau TIMAR

 

Entretien : Olivier Puech, PDG du Groupe TIMAR

 

«Nos filiales ouest-africaines sont un relais à nos lignes de transport international régulières entre le monde et l’Afrique»

 

Présent en propre en Europe, au Maghreb et en Afrique de l’Ouest, le Groupe TIMAR conçoit depuis près de 40 ans des solutions innovantes dans les domaines du transport international, de la logistique et du transit de marchandises. Son PDG, Olivier Puech, revient sur le chemin parcouru par son groupe sur le continent.

 

AFRIMAG : Le Groupe TIMAR soufflera bientôt ses 40 ans. Beaucoup de choses ont été réalisées, mais certainement beaucoup de projets restent encore à réaliser. Quel bilan faites-vous de ces quatre décennies d’activité ?

Olivier Puech, Président du Groupe TIMAR

Olivier Puech, Président du Groupe TIMAR

Olivier Puech : Ces quarante années sont passées à la vitesse de l’étincelle. Nous mesurons aujourd’hui le chemin parcouru en quatre décennies avec la mise en place de notre activité de transport international routier dans les années 80 entre la France d’abord, puis l’Europe et le Maghreb qui a construit notre réputation. Nous étions parmi les pionniers à ouvrir cette voie. Puis, la diversification de nos activités dans les années 90, notamment aérienne et maritime mais aussi en transit pour accompagner nos clients sur l’ensemble de la chaine logistique du transport international. Dans les années 2000 nous avons signé nos premiers contrats logistiques, déménagé dans nos propres locaux et sommes entrés en bourse après avoir obtenu notre certification ISO un an plus tôt.

Les années 2010 ont été celles de notre ouverture sur l’Afrique avec nos implantations dans la partie Ouest.

 

L’Afrique est au cœur de votre stratégie. En quoi consiste aujourd’hui votre offre globale, ensuite différenciée sur le continent ?

L’activité principale de TIMAR est celle de commissionnaire de transport international sur les trois modes : Aérien, Maritime et Routier. Nous proposons également nos services en Transit et en Logistique.

Au cours de ces dix dernières années, nous avons implanté nos propres filiales dans les principaux pays de l’Afrique de l’Ouest. Celles-ci sont un relais opérationnel et commercial à nos lignes de transport international régulières entre le monde et l’Afrique. Pour répondre à la demande de certains chargeurs marocains souhaitant bénéficier de tarifs de transport pour des petites quantités, nous avons mis en place du transport groupage depuis le Maroc vers la Mauritanie, le Mali, le Sénégal et la Côte d’Ivoire.

Deux modes de transfert sont utilisés : le container groupage vers le Sénégal et la Côte d’Ivoire via leurs ports principaux respectifs Dakar et Abidjan et, le camion groupage vers la Mauritanie et le Mali à destination de Nouakchott et Bamako principalement. Nous développons également le transport groupage entre le monde (Amérique/Europe/Asie) et l’Afrique via notre réseau de partenaires spécialistes du groupage.

 

Que représente le poids de l’Afrique dans vos activités ?

Il est en forte progression chaque année, mais reste faible compte tenu du poids élevé de la maison-mère TIMAR SA et de ses filiales européennes (Espagne et Portugal).

Nous avons notamment constaté au cours du 1er semestre 2020 une forte poussée des résultats de notre filiale ivoirienne bénéficiant d’un PIB par habitant supérieur au Ghana et au Nigeria selon la Banque Mondiale

 

L’Afrique est le continent où il y’a plus de pays sans façade maritime. Avez-vous une politique ciblant directement les pays de l’hinterland ? Si oui avez-vous des discussions avec quelques-uns d’entre eux ?

Trois de nos quatre filiales ouest-africaines ont une façade maritime ; elles ont l’objectif de desservir les pays de l’hinterland. Parfois les contraintes portuaires sont telles qu’un transport routier depuis le Maroc s’avère la meilleure option malgré les multiples passages de frontière. C’est ce que nous organisons pour notre filiale du Mali ou pour nos partenaires au Burkina et au Niger.

 

Avez-vous une stratégie post-Covid-19 pour l’Afrique ? Laquelle ?

Ce premier semestre 2020, fortement impacté par la crise sanitaire mondiale, a provoqué la mise en place d’une série d’actions de diminution de coûts sur l’ensemble du groupe et d’une forte mobilisation de l’ensemble du personnel afin de limiter l’impact sur les résultats financiers.

Ces 7 derniers mois ont été pénibles pour les opérateurs économiques de tout bord, notamment ceux qui dépendent du transport international et de la logistique qui le sous-tend. Comment avez-vous accompagné vos partenaires dans ces moments difficiles ?

Nos activités de transport aérien ont fortement souffert du fait de la fermeture de l’espace aérien marocain du transport passager. Sur les autres modes de transport ou activité, malgré les trois mois de confinement et une baisse vertigineuse, nous sommes restés ouverts tout en respectant les mesures et précautions sanitaires

Les activités de transport maritime et la logistique sont celles qui ont le mieux résisté à la crise et permis d’accompagner nos partenaires dans leurs besoins de la chaine logistique.

 

Qu’est-ce que la cotation à la bourse de Casablanca a apporté à votre consolidation sur les marchés africains ?

Ce «label», obtenu en 2007, synonyme de transparence et d’éthique, nous a permis de gagner la confiance des banques marocaines implantées sur le continent pour la création et l’accompagnement de nos filiales subsahariennes ainsi que la confiance de nos autres partenaires stratégique comme la douane, nos agents dans le monde…  

Propos recueillis par Anthioumane D. Tandia.

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