Dans un communiqué, l’agence de notation financière Moody’s, a annoncé, mercredi 27 mai, le relèvement de la perspective du Trésor du Congo-Brazzaville de stable à positive, tout en confirmant sa note à long terme en devises locale et étrangère à Caa2. Moody’s explique ce réajustement par «la baisse des risques de refinancement de la dette après les opérations de swap sur la dette régionale et le retour sur le marché international de capitaux.” A cela, ses analystes ajoutent l’impact de réformes de gestion des finances publiques mises en œuvre dans le cadre du programme soutenu par le FMI.
Cette amélioration de perspective intervient après une période de fortes tensions de liquidité sur le budget. En octobre 2024, le gouvernement congolais avait procédé à une opération d’allongement des maturités dans le cadre du Plan National d’Optimisation de la Trésorerie une opération que Moody’s avait assimilée à un swap coercitif. Brazzaville avait également enregistré, début 2025, des no-show sur des échéances de la dette sur le marché régional. L’agence estime désormais que le risque d’un épisode similaire recule à la faveur de plusieurs émissions obligataires internationales depuis la fin de l’année dernière. Les quatre opérations effectuées entre novembre 2025 et mai 2026 ont permis de lever 2,5 milliards de dollars, soit environ 16 % du PIB. Les maturités de ces titres s’étendent de 2032 à 2036, avec des coupons compris entre 9,5 % et 9,875 %. La dernière émission de 850 millions de dollars d’échéance 2036 et d’un coupon de 9,5%, remonte au 20 mai 2026 L’opération inclut également une offre de rachat d’un reliquat obligataire de 575 millions de dollars arrivant à échéance en 2032.
Pour Moody’s, ces opérations ont permis au gouvernement « de refinancer d’importantes échéances jusque-là concentrées sur le marché régional, où les besoins bruts de financement avaient atteint environ 25 % du PIB en 2025, en les transformant en dette extérieure à plus longue maturité.»
Au-delà du refinancement de la dette, Moody’s met en avant l’évolution du marché pétrolier et gazier. Le Congo demeure l’une des économies les plus dépendantes des hydrocarbures en Afrique subsaharienne. Selon Moody’s, le pétrole et le gaz représentent environ 40 % du PIB, 50 % des recettes budgétaires et 90 % des exportations du pays. Dans ce contexte, la hausse des prix du brut intégrée dans le scénario de base de l’agence pour 2026, combinée à l’augmentation de la production de gaz naturel liquéfié (GNL), pourrait soutenir les finances publiques. Moody’s indique ainsi que «l’extension récente des capacités de production de GNL à trois millions de tonnes par an début 2026, contre 500 000 tonnes fin 2025, devrait soutenir la montée en puissance de la production et de la croissance au cours des trois prochaines années.» L’agence part du principe qu’une partie des revenus supplémentaires sera utilisée pour réduire les arriérés et contenir le poids de la dette publique.





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