Comme ses consœurs partout dans le monde, la Royal Air Maroc (RAM) est percutée par la forte hausse des prix du kérosène due aux tensions actuelles au Moyen-Orient, une flambée qui met à mal son compte d’exploitation. Pour préserver l’équilibre économique de la compagnie, la direction a temporairement suspendu une douzaine de dessertes à destination de l’Europe et de l’Afrique centrale.
C’est par un communiqué, relayé par l’agence de presse officielle MAP, que la compagnie aérienne marocaine a annoncé la suspension temporaire de douze liaisons internationales depuis le Maroc. La RAM y explique être amenée à prendre des mesures d’adaptation de son réseau du fait de « la forte hausse des prix du kérosène, conséquence directe des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en plus d’un ralentissement de la demande.»
En Afrique centrale, les dessertes de Douala et de Yaoundé, au Cameroun, et de Libreville, au Gabon, sont suspendues jusqu’au 9 juin. Celles de Bangui en Centrafrique sont suspendues, elles durent jusqu’au 17 juin tandis que les liaisons avec Kinshasa, en RDC, et Brazzaville, au Congo, sont interrompues jusqu’au 30 juin. La mesure est entrée en vigueur depuis dimanche 24 mai, et les réservations vers ces destinations sont pour l’instant fermées.
Mais certaines lignes européennes sont également touchées. Les vols reliant Marrakech à Marseille, Lyon, Bordeaux et Bruxelles, ainsi que les liaisons de Tanger vers Barcelone et Malaga sont concernées par cette suspension.
Interrogé par RFI, l’expert en transport aérien, Didier Brechemier explique la suspension des vols de Royal Air Maroc en Afrique centrale, une forte élasticité de la demande au prix et donc, l’impossibilité de répercuter la hausse du kérosène sur les tarifs du billet. En un mois, le prix du baril de pétrole a presque doublé. Une source interne à la RAM a confié à RFI que ces lignes étaient «lourdement déficitaires au vu de la crise actuelle du carburant.» Selon la même source, « 90 % des liaisons africaines sont maintenues malgré une conjoncture économique fortement défavorable.» La compagnie aérienne marocaine dessert habituellement 36 destinations sur le continent. Elle s’engage à «rétablir progressivement les liaisons suspendues dès que les conditions opérationnelles et économiques le permettront.»





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