C’est peut-être un avertissement pour tous ces pays qui, par mauvaise gestion, se trouvent au bord d’une crise de paiements.
Le Tchad vient de le découvrir à ses dépens. Les créanciers de N’Djamena du Club de Paris, ont rejeté la requête d’allègement de la dette publique dans le cadre de l’initiative du G20 introduite par le gouvernement tchadien. Les créanciers estiment que «le Tchad n’a pas besoin d’un allègement de sa dette pour le moment, compte tenu de la flambée des prix du pétrole et du programme de soutien de 570 millions de dollars du FMI». Toutefois, ils s’engagent à se réunir à nouveau au cas où N’Djamena aurait du mal à mobiliser des ressources financières sur le marché.
Le Club de Paris est un groupe informel de créanciers officiels dont le rôle est de trouver des solutions coordonnées et durables aux difficultés de paiement de pays endettés.
Co-présidé par la France et l’Arabie saoudite, le comité des créanciers du Tchad du Club de Paris a cependant convenu de se réunir à nouveau si nécessaire tout en invitant le gouvernement tchadien «à rechercher des traitements de la dette comparables auprès de tous les créanciers bilatéraux et privés».
Les créanciers officiels du Tchad ont par ailleurs appelé Glencore, le controversé négociant des matières premières, premier créancier privé du pays, à «réaffirmer son engagement à fournir un traitement de la dette pendant le programme du FMI si un déficit de financement est identifié» et à «s’attaquer aux vulnérabilités de la dette restante, qui résultent de son mécanisme de remboursement accéléré ».
En janvier 2021, le Tchad est devenu le premier pays à demander une restructuration de sa dette extérieure de 3 milliards de dollars au titre du Cadre commun du G20 pour les traitements de dette. N’Djamena a conclu un accord avec ses créanciers officiels en juin 2021, mais a eu du mal à finaliser les discussions avec les créanciers privés, dont le groupe Glencore qui détient le tiers des dettes extérieures du pays.

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