Diplomatie

Les derniers rapports des observatoires de la violence terroriste, ainsi qu'une enquête que nous avons menée, suggèrent deux constats : Primo, l'Afrique est toujours au centre de la carte des attentats des dix dernières années, et le terrorisme est le premier défi à la paix et à la sécurité africaine. Sans surprise, l'Afrique est la région la plus durement touchée, mais des parcours comme celui du Maroc montrent que le terrorisme n'est pas une fatalité et que l'africanité n'en est pas la cause. Secundo, le fléau terroriste est le résultat d'une combinaison de facteurs dont certains relèvent du niveau individuel (milieu familial, âge, éducation, caractère, enrôlement ou isolement, etc.) et d'autres du niveau macro national, qui est le niveau d'analyse choisi pour cet essai. Ni la pauvreté toute seule, ni la mauvaise gouvernance, ni les griefs ethniques, chacun dans son silo, n'expliquent ou ne déterminent ce phénomène : c'est une synergie, un nexus, qui fait qu'un pays bascule ou résiste.

Le Royaume du Maroc est plus que jamais à l'avant-garde de la stabilité africaine et de la lutte contre la violence des groupes fanatiques et séparatistes. En effet, à quelques jours du coup d'envoi de la Coupe du monde, le Maroc enchaîne trois événements qui disent long sur son rôle dans la sécurité du continent. Les 9 et 10 juin, El Jadida accueille une réunion de la plateforme de Marrakech (réseau antiterroriste africain) coorganisée par le Maroc et l'UNOCT. Le 10 juin, le think tank PCNS dévoile en avant-première son rapport annuel sur la géopolitique de l'Afrique 2026. Enfin, les 11 et 12 juin, Rabat organise la 10ᵉ édition de l'APSACO 2026, conférence majeure sur la paix et la sécurité en Afrique. Ces rendez-vous rapprochés ne tombent pas par hasard !

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L'Eswatini, petit Etat d'Afrique australe, est l'un des douze pays dans le monde, et le seul en Afrique, à entretenir des relations diplomatiques officielles avec Taïwan, territoire revendiqué par la Chine. Le président taïwanais était attendu mercredi 22 avril à Eswatini pour les célébrations du 40ème anniversaire de l'accession au trône du roi Mswati III. La Chine, qui entretient des liens économiques et politiques étroits avec le continent africain, considère Taïwan comme l'une de ses provinces, et lui conteste le droit de se qualifier de pays.

Le président taïwanais Lai Ching-te, a déclaré ce mardi 21 avril, avoir annulé son voyage prévu cette semaine en Eswatini en accusant Pékin d’exercer des pressions sur trois Etats africains pour qu'ils révoquent l'autorisation de survol de leur territoire par son avion. Le Secrétaire général du bureau présidentiel, Pan Meng-an, a révélé que les Seychelles, Maurice et Madagascar avaient unilatéralement révoqué sans préavis, les autorisations de vol permettant à l'avion présidentiel de survoler leur territoire lors de son voyage. «La véritable raison était la pression intense exercée par les autorités chinoises, y compris la coercition économique», a-t-il accusé lors d'une conférence de presse à Taipei.

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