Le gouvernement angolais a annoncé, mardi 30 juin à Luanda, un accord de coopération « renouvelé » et de portée stratégique avec l’Etat de l’Ohio, dont le pivot est le programme de partenariat entre la Garde nationale de l’Etat américain et l’armée angolaise, les Forces armées angolaises (FAA).
Pour le ministre angolais de la Défense nationale, des Anciens Combattants et des Vétérans de la patrie, Lúcio Gonçalves Amaral, « ce partenariat dépasse le cadre traditionnel de la coopération militaire. » Il couvre plusieurs domaines parmi lesquels la préparation médicale et la santé publique, la cybersécurité, les technologies émergentes, la gestion des urgences et des catastrophes, le développement du leadership, la professionnalisation des forces ainsi que la coopération dans les domaines de l’agriculture, de l’éducation et du développement économique. Même si l’accord est conclu avec un Etat fédéré, vu de Washington, c’est aussi une manière de garder un pied dans un pays bien doté en ressources naturelles, dont le pétrole et le diamant.
« La République d’Angola est un acteur régional majeur pour la paix, la sécurité et la coopération », rappelle le ministre pour expliquer ce deal avec l’Etat d’Ohio. Au regard de Luanda, cette initiative doit permettre de renforcer les capacités institutionnelles et opérationnelles du pays, d’améliorer l’interopérabilité des forces armées et de se préparer aux nouveaux défis, notamment la cybersécurité. La signature de cet accord intervient alors que Luanda cherche à adapter son dispositif de sécurité à des menaces de plus en plus diversifiées, mêlant enjeux économiques, technologiques et climatiques.
Lutte contre la criminalité des ressources naturelles
Sur le plan économique, Luanda intensifie sa lutte contre la criminalité minière, notamment contre la contrebande de diamants, qui continue de peser sur les recettes budgétaires. Les autorités ont durci la législation en musclant les sanctions contre l’exploitation clandestine des ressources.
Le pays accélère par ailleurs sa transition numérique face à la montée des cybermenaces. Les investissements engagés dans les infrastructures numériques souveraines comprennent entre autres, le développement du Centre de données et du cloud gouvernemental, ainsi que le renforcement du cadre institutionnel relatif à la protection des données et à la cybersécurité.
Parallèlement, les risques climatiques, notamment les sécheresses prolongées et les inondations récurrentes, alimentent les préoccupations liées à la sécurité alimentaire et à la stabilité économique, poussant les autorités à renforcer leurs mécanismes de résilience.
Pour Luanda la coopération avec Washington s’inscrit dans une stratégie de diversification des partenaires en profitant au passage de la rivalité avec la Chine, très présente en Angola. Outre le volet militaire, l’Angola et les Etats-Unis développent déjà des initiatives dans plusieurs domaines. On peut citer par exemples, l’accord de 121 millions de dollars pour renforcer les systèmes de santé et des projets économiques majeurs comme le corridor de Lobito et la modernisation des infrastructures.
Dernier petit détail, la signature de l’accord intervient enfin en marge de la conférence des chefs d’état-major et des responsables de la défense de l’Africom qui se tient les 30 juin et 1er juillet à Luanda.





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