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Sénégal : Les dessous de la future introduction en bourse de Total Sénégal

Station Total

  • Pour sa filiale sénégalaise, le groupe français a décidé d’introduire 30% du capital sur la Bourse de l’UEMOA en septembre prochain
  • Pourtant, cette approche de Total sur l’Afrique, ne constitue pas une nouveauté

La filiale sénégalaise du français Total ne veut plus apparaître comme une simple filiale d’un groupe industriel étranger. Elle veut mieux s’ancrer dans le tissu économique local. Aux yeux du directeur général Marketing et services Total, Philippe Boisseau, cela doit impérativement passer par la Bourse régionale des valeurs mobilières (BRVM), basée à Abidjan. Il l’a fait savoir au sortir d’une entrevue qu’il a eue avec le président sénégalais Macky Sall. « C’est une manière de rendre la société encore plus proche de ses clients en les associant à la vie de leur entreprise». Ainsi, après Sonatel, filiale du français Orange, Total Sénégal va ainsi devenir la deuxième société de droit sénégalais à être cotée sur la place d’Abidan. Pourtant, cette approche de Total sur l’Afrique, ne constitue pas une nouveauté. Cette entrée de sa filiale sénégalaise à la BRVM est la deuxième du groupe dans cette place boursière commune aux pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) après Total Côte d’Ivoire. En effet, le groupe pétrolier français est déjà présent à la Bourse de Lagos, au Nigeria, à celle d’Accra, au Ghana, et enfin à celle de Nairobi, au Kenya.

Pour sa filiale sénégalaise, le groupe français a décidé d’introduire 30% du capital sur la Bourse de l’UEMOA en septembre prochain, une cotation qui interviendra après la certification des comptes de la société. Selon une source proche de Total, le projet a été piloté chez Total par Momar Nguer, directeur Afrique – Moyen-Orient de la branche Supply & Marketing. A à en croire cette même source, cette phase d’ouverture du capital auprès d’actionnaires privés a déjà été entamée avec quelque 15% des actions déjà cédées. L’ouverture du capital à la BRVM concernera donc 15% d’actions supplémentaires. C’est pourquoi le management de Total estime que l’opération permettra à leur groupe d’apparaître comme une société ouest-africaine à part entière et non plus comme simple filiale d’une multinationale étrangère.

Muamar NGUER (Total)

Muamar NGUER (Total)

Au niveau du Sénégal, cet ancrage à l’économie locale a commencé il y a trois mois avec le partenariat que le groupe français a scellé avec le réseau local Touba Oil. Sur la base de ce contrat, Total va prendre le contrôle de 14 points de vente, jadis managés par la partie autochtone, renforçant ainsi son leadership dans le secteur des stations-service du Sénégal, où il détient 23 % de part de marché. Même avant de faire de Touba Oil son partenaire, la société française arrivait déjà à vendre pas moins de 550 000 tonnes de produits pétroliers via ses 130 points de vente disséminés. Entre temps, les 14 stations de Touba Oil, qui viennent de tomber dans l’escarcelle du géant tricolore, atteignent tout de même des ventes à hauteur de 16 000 tonnes de produits pétroliers. Ce qui correspond à 3 % de part de marché. A noter que Total va se limiter à exploiter les installations de Touba Oil, qui en demeure le propriétaire. Une stratégie dont les avantages sont évidents : Ce modèle permet à Total Sénégal de se développer sans construire de nouvelles stations mais aussi sans acquérir celles d’un concurrent. Cette approche n’est pas également nouvelle chez le groupe français qui a racheté les réseaux africains de tous les grands groupes pétroliers qui avaient décidé de quitter le continent : BP, Mobil, Texaco, Shell, Chevron… C’est que Total joue la carte de l’appropriation à fond pour une meilleure adhésion des acteurs qui gravitent dans son écosystème. Dans nombre de ses filiales, il y a des actionnaires locaux. Mieux encore, Total est fier de crier sous tous les toits que sa filiale sénégalaise compte parmi les plus grands contributeurs de l’économie du Sénégal, avec 75 milliards de francs CFA de recettes fiscales versés annuellement à l’État et quelque 5 000 emplois directs et indirects. Last but not least : Total Sénégal consacre un milliard de francs CFA par an à des œuvres sociales dans le cadre de sa politique de responsabilité sociale d’entreprise. Une donnée de plus pour renforcer son enracinement africain.

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