Le limogeage du gouvernement Sonko, critique virulent du Fonds monétaire international (FMI), crée un nouveau contexte dans les négociations visant à résoudre la crise de la dette du pays, relève Morgan Stanley dans une note publiée récemment.
Si le départ d’Ousmane Sonko de la Primature peut lever un obstacle à un accord avec le FMI, ses répercussions encore imprévisibles, présentent des risques potentiels pour les investisseurs.
Quelques heures après la nomination du nouveau Premier ministre lundi soir, les obligations d’État sénégalaises libellées en devises étrangères ont réagi ce mardi 26 mai, chutant jusqu’à 5,7 centimes d’euro et près de 4 centimes de dollar, selon les données de Tradeweb consultées par l’agence Reuters. Dans leurs projections, les investisseurs intègrent désormais les probabilités d’une restructuration suite aux derniers événements à Dakar, révèle Morgan Stanley. Ses analystes avertissent que si seule la dette en devises était restructurée tandis que la dette en monnaie locale ne l’était pas, « le risque est que les décotes réalisées soient plus élevées que celles appliquées actuellement ». Les obligations du Trésor sénégalais libellées en dollars ont accusé une baisse de 9,7 % au cours des trois derniers mois, contre un rendement moyen de 0,1 % pour les obligations comparables de l’indice JPM EMBI Global Diversified Africa. Les obligations arrivant à échéance en mai 2033 se négociaient autour de 50,6 cents pour un dollar, à des niveaux historiquement bas.
Dakar négocie actuellement avec le FMI pour obtenir une nouvelle ligne de financement depuis que le Fonds a gelé un programme de 1,8 milliard de dollars suite à la découverte d’une dette non déclarée qui a fait grimper son ratio dette/PIB au-dessus de 130 %. Le pays est de fait exclu des marchés financiers internationaux et peine à contenir l’explosion de dépenses de subventions de carburants. Ce qui inquiète les investisseurs qui doutent de plus en plus de la capacité du gouvernement à honorer ses engagements. Les négociations avec le FMI désormais pilotées par la Présidence de la République, devraient reprendre la semaine du 8 juin et qu’un accord sur les grandes lignes d’un nouveau programme pourrait être conclu d’ici la fin du mois.





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