«Tout le phosphate marocain est transformé au Maroc. Et le Maroc est le premier producteur de phosphate… Le Maroc a même bâti la plus grande Université Polytechnique de l’Afrique structurée autour du phosphate », déclare Ousmane Sonko, Premier ministre du Sénégal
C’était à Matam, au nord du Sénégal jouxtant la frontière de la Mauritanie, qu’Ousmane Sonko a fait cette déclaration.
Il a indiqué que son pays devait «pouvoir profiter de l’engrais pour améliorer la productivité de l’agriculture ici au Fouta (nom de la région nord) et partout au Sénégal ». La stratégie du nouveau gouvernement du Sénégal : s’auto-suffire en fertilisants à partir de la ressource nationale dans un premier temps, exporter le surplus ensuite. La finalité de cette transformation à forte valeur ajoutée pourra non seulement doter le Sénégal des ressources financières conséquentes en devises mais également contribuer au renforcement du contenu local, tel que plus de création d’emplois. Tous les gouvernements qui se sont succédé depuis l’indépendance du pays étaient sur un statut quo qui «fait que les multinationales prennent nos ressources et que les jeunes prennent des pirogues pour suivre le même chemin que nos ressources», argumente-t-il.
Serigne Guèye Diop, ministre de l’Industrie et du Commerce décline la stratégie du gouvernement pour plus de valeur ajoutée locale :
Depuis le Fouta, la région nord du Sénégal, Ousmane Sonko a décliné l’orientation économique de son gouvernement pour cette zone économique. Selon lui, l’ambition du gouvernement qu’il dirige est d’augmenter la part de la contribution du PIB de la région de 0,1 % à 9 % au niveau national. Pour ce faire, il compte s’appuyer sur les ressources non exploitées de Matam. Il s’agira donc de mettre en valeur l’agriculture, l’élevage et les mines de la région. Avec le secteur minier comme socle du développement régional en misant notamment sur les phosphates, «une énorme quantité non encore exploitée.» Pour appuyer son estimation, Ousmane Sonko indique : «on parle beaucoup des réserves en phosphates de Thiès exportées depuis plusieurs années. Le potentiel de la région de Matam est encore vierge, et est plus important que celui de Thiès.»
«Pour nous, il est hors de question que ce phosphate soit extrait du sous-sol et exporté de manière brute, nous allons créer une chaîne de valeur complète de l’extraction à la transformation, et même à la distribution», ajoute-t-il. Pour aller dans ce sens, le Premier ministre du Sénégal a dépêché une mission conduite par son ministre de l’Industrie auprès de l’OCP au Maroc. Un exemple de modèle de gestion de la ressource.
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