La Côte d’Ivoire a profité des assemblées générales du printemps des institutions de Bretton-Woods -FMI et Banque mondiale- qui se tiennent actuellement à Washington D.C, pour décliner une grosse opération promo de sa stratégie en matière d’eau. Devant un parterre d’institutionnels et d’investisseurs, le ministre du Plan et du Développement, Souleymane Diarrassouba en VRP de son gouvernement, a présenté l’ambitieux «Pacte national pour l’eau» qui nécessitera 7,5 milliards de dollars, soit 4 175,6 milliards francs CFA dont plus d’1 milliard provenant du secteur privé, à l’horizon 2030.
Ces investissements visent à garantir l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement à 32 millions d’habitants, réduire les inégalités régionales en matière d’accès à l’eau, et préserver et valoriser les quatre grands bassins fluviaux du pays : le Cavally, le Sassandra, le Bandama et la Comoé.
Améliorer la gouvernance de l’Eau
Au-delà de l’infrastructure, l’enjeu est aussi institutionnel : améliorer la gouvernance du secteur, attirer des financements innovants et renforcer les partenariats public-privé.
C’est dans le cadre de l’initiative Water Forward de la Banque mondiale, visant à renforcer la sécurité hydrique pour 1 milliard de personnes d’ici 2030 sur le continent, que le ministre ivoirien a officiellement remis le document stratégique de son gouvernement. L’événement, marqué par la présence du Secrétaire général de l’ONU António Guterres et de l’industriel et milliardaire nigérian Aliko Dangote, a offert une tribune exceptionnelle à Abidjan, pour affirmer ses ambitions. Devant son auditoire, le ministre ivoirien a rappelé une triste réalité : près de 400 millions d’Africains sont toujours privés d’accès à l’eau potable avec ce que cela suppose comme risques d’exposition aux maladies contagieuses. Une urgence d’autant plus forte que l’Union africaine, qui se distingue plus par des incantations que des actions concrètes, a fait de 2026 l’«année de l’eau ». Dans un continent où les effets du changement climatique accentuent les tensions sur les ressources, l’approche ivoirienne pourrait faire école. Elle repose sur une conviction simple : sans accès durable à l’eau, aucun développement économique n’est possible. A bon entendeur.











