Les prix des billets atteignent des sommets. La guerre en Iran reporte les projets de voyage. Et le sentiment antiaméricain grandit. Autant d’explications au nombre décevant de réservations constaté par l’industrie hôtelière aux États-Unis cet été. Dans les villes hôtes de la compétition de football, les tarifs des nuitées ont chuté d’un tiers. À Los Angeles, on commence même à se préparer à un taux de remplissage plus faible que celui d’un été normal.
À Los Angeles, on patiente, et on ne voit rien venir, et on trépigne. Dans la métropole californienne, “les hôteliers attendent toujours un pic de demande lié à la Coupe du monde”, signale le Los Angeles Times à moins de trois semaines du match d’ouverture. Et malgré les “attentes élevées” du secteur, une dure réalité se profile : “Les chambres d’hôtel à Los Angeles et dans les autres villes hôtes de la Coupe du monde de la Fifa pourraient rester vides.” Pire : selon les résultats d’une étude, citée par le quotidien, menée par une association nationale d’hôteliers, beaucoup, parmi ceux de Los Angeles, “ont déclaré que les réservations étaient même à la traîne par rapport à un été normal.”
Depuis plusieurs semaines déjà, le secteur de l’hôtellerie aux États-Unis “propose des rabais” pour contrer l’inquiétude que “le prix des billets, les tensions inflationnistes et le sentiment antiaméricain n’incitent les supporteurs à revoir leurs projets de voyage”, constatait déjà à la mi-avril le Financial Times.
Les tarifs des chambres d’hôtel dans les villes qui accueillent la compétition, Atlanta, Dallas, Miami, Philadelphie et San Francisco, ont “chuté d’environ un tiers par rapport au pic atteint un peu plus tôt dans l’année”, selon les données du cabinet d’analyse Lighthouse Intelligence.
“J’en vois beaucoup qui commencent à paniquer et à baisser leurs prix”, remarque Scott Yesner, gérant d’une chaîne d’hôtels à Philadelphie.
Où sont les “centaines de milliers” de visiteurs ?
“Beaucoup de professionnels espéraient que la Coupe du monde organisée conjointement par les États-Unis, le Canada et le Mexique aiderait à renverser la tendance à la baisse pour le tourisme aux États-Unis”, explique le média économique britannique.
L’attente est d’autant plus grande que Gianni Infantino, le président de la Fédération internationale de football (Fifa), organisatrice de la Coupe, avait promis aux villes hôtes “des ‘centaines de milliers’ de visiteurs”. Autour des “rares chanceux” qui auraient un billet, disait-il, “beaucoup, beaucoup d’autres viendront simplement pour participer à quelque chose d’exceptionnel”.
Mais Vijay Dandapani, président de l’association des hôteliers de New York, résume :
“Ce ne sera certainement pas la ruée promise par la Fifa”
D’ailleurs, la Fifa elle-même “a annulé des milliers de réservations de nuitées pour ses équipes techniques.”
Aran Ryan, du cabinet spécialisé Tourism Economics, table sur une “hausse de 3,4 % du nombre de visiteurs internationaux aux États-Unis cette année, contre une estimation de 3,9 % en décembre”. Il explique que “le prix des billets, les contrôles aux frontières et l’hostilité à l’égard des États-Unis suscitent des inquiétudes qu’aggrave la guerre en Iran”.
Source : Courrier international





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