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Trois semaines après avoir été limogé de la Primature, le désormais président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko s’est confié à RFI et France 24. S'il écarte toute rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye, il assume des divergences et tape du poing sur les dossiers de la dette et des lois sociétales.

La crise politique prend une nouvelle dimension à Dakar. Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a franchi un cap en nommant un nouveau gouvernement de 30 membres sans l’assentiment de son ancien allié et Premier ministre limogé, Ousmane Sonko.

Au Sénégal, la fracture entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ex-Premier ministre Ousmane Sonko s’accentue, après la formation d’un nouveau gouvernement sans l’aval du chef du Pastef. Entre appels au dialogue, démonstrations de force institutionnelle et lectures divergentes de la Constitution, le duo au cœur de la victoire de 2024 semble désormais engagé dans une rivalité politique ouverte, sous le regard attentif des analystes.

Interrogé dimanche lors d’une émission à la télévision par un militant du Pastef sur la relation entre les deux hommes, Sonko a déclaré dimanche que le débat serait sans objet si le Président est aligné sur son parti. «Si le Président n'est pas aligné sur son parti, même si nous gouvernons tous ensemble, nous nous trouvons dans ce que j'appelle une situation de partage du pouvoir informel,» a-t-il martelé en ajoutant qu’il est toujours possible de trouver des convergences.

La tension est toujours vive entre les deux têtes de l’exécutif au Sénégal, le Président Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko, malgré le «cessez-le-feu» tacite entre les deux dirigeants après avoir étalé publiquement leurs premières divergences il y a trois mois.

La «cohabitation» Diomaye-Sonko tient encore mais jusqu’à quand ? Porté à la présidence du Sénégal avec le score confortable de 54%, Bassirou Diomaye Faye, le candidat par défaut doit, incontestablement, ce succès éclatant à l’aura politique de son ami et ténor Ousmane Sonko «empêché» de se présenter par un Macky Sall qui était loin d’envisager le plan B du Pastef face au dauphin qu’il s’était choisi.

Au Sénégal, le slogan de la dernière campagne présidentielle, «Diomaye mooy Sonko,» a pris un sérieux coup de vieux à cause de la récente – et toujours actuelle – crise de légitimité politique entre le Président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko. Si, au sein de la majorité présidentielle, et notamment du Pastef, on fait tout pour colmater les brèches et sauver les apparences d’un pouvoir bicéphale qui tient la barre, le processus de délégitimation politique du chef déclaré de l’Exécutif au profit du leader effectif du régime en place depuis l’élection présidentielle du 24 mars 2024 semble bien enclenché.