Trois semaines après avoir été limogé de la Primature, le désormais président de l’Assemblée nationale Ousmane Sonko s’est confié à RFI et France 24. S’il écarte toute rupture avec le président Bassirou Diomaye Faye, il assume des divergences et tape du poing sur les dossiers de la dette et des lois sociétales.

Au micro de RFI et France 24, l’ex-Premier ministre sénégalais, devenu président de l’Assemblée nationale, a balayé tour à tour la brouille avec son ancien allié le président Bassirou Diomaye Faye, dont le casse-tête du traitement de la dette.
A propos d’une candidature à la présidentielle de 2029, Sonko se veut discret. « Il est très prématuré de parler de candidature » répond-il, renvoyant la décision à son parti.
Quand on lui parle de « querelle » avec le chef de l’Etat (le mot employé par Bassirou Diomaye Faye lui-même quelques jours plus tôt) Ousmane Sonko corrige immédiatement le tir. Le Sénégal, dit-il, est « plus grand que les divergences politiques » entre lui et Bassirou Diomaye Faye. Il promet qu’«il n’y aura pas de déchirure du pays.»
Interrogé sur l’accusation de « trahison » du projet Pastef, qu’il avait lui-même lancée contre le président ces derniers mois, Ousmane Sonko botte en touche. Il préfère parler de divergences « programmatiques.» Mais il estime que de nombreux engagements pris pendant dix ans d’opposition « ont été complètement dévoyés.»
Quant à une éventuelle exclusion du chef de l’État du parti, il renvoie la décision aux instances internes du Pastef rappelant que « le parti, ce n’est pas Ousmane Sonko.»
Côté Assemblée nationale, le message est clair : pas de guerre ouverte, mais pas non plus de « chèque en blanc » pour l’exécutif. Si la situation l’exige, la majorité écrasante du Pastef n’hésitera pas à utiliser ses prérogatives constitutionnelles, y compris la censure. Sonko a également écarté tout éventuel report des élections locales de début 2027.
C’est peut-être le dossier le plus explosif. Alors qu’une mission du Fonds Monétaire International (FMI) est attendue à Dakar cette semaine, Sonko ne décolère pas contre l’idée d’une « restructuration sauvage » de la dette, qu’il a combattue durant tout son passage à la Primature. Par ailleurs, l’ancien chef du gouvernement relance le débat sur la « dette odieuse » : selon lui, une partie de la dette sénégalaise, contractée sans l’aval du Parlement, ni du peuple, mériterait d’être annulée au regard du droit international. Il dit espérer que l’exécutif actuel « prendra ses responsabilités » sur ce point, tout en reconnaissant que l’option avait déjà été « proposée » en interne, mais jamais « retenue.»





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