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Souleymane Berthe, Directeur général de l’AER-Mali : Comment les sociétés minières peuvent tirer profit des renouvelables

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L’Agence des énergies renouvelables du Mali (AER-Mali) se définit comme une source de contribution à la promotion des énergies nouvelles en général et de l’efficacité énergétique en particulier. 
La stratégie de l’AER-Mali repose globalement sur des programmes d’efficacité énergétique et le déploiement des parcs solaires notamment à travers le pays. Sa mission se résumerait en l’application de la politique de l’Etat visant la réduction de la dépendance énergétique au travers de la promotion des énergies renouvelables. 
Son Directeur général, l’Ingénieur Souleymane Berthé, entend en faire un pôle d’excellence, porteur d’innovation et fédérateur au niveau national dans le domaine de l’efficacité énergétique.

AFRIMAG : Quel commentaire vous inspire la décision des organisateurs des Journées Minières et Pétrolières du Mali (JPM Mali2021) d’accorder une place de choix aux énergies renouvelables ? 
Souleymane Berthe : Cela traduit tout simplement la prise de conscience des organisateurs de l’importance de la transition énergétique donc du souci permanent de protéger l’environnement et des effets des changements climatiques.  

Qu’est-ce que l’AER-Mali compte-t-elle offrir comme solutions aux miniers pour réduire les émissions de carbone et résoudre les problèmes de connexion avec des solutions hors réseau ? 
C’est de sensibiliser, de conseiller à aller vers la production d’énergie propre surtout l’énergie solaire dont le Mali a un potentiel énorme tout en réduisant leur empreinte écologique.

Comment l’agence que vous dirigez compte-t-elle promouvoir l’utilisation de l’énergie solaire dans les projets miniers au Mali ?L’AER-Mali propose un mix énergétique pour les industries minières dans le cadre de l’autoproduction et des solutions de mini-réseaux ou kits solaires individuels pour les localités abritant ces sites miniers.

De plus en plus d’entreprises minières au Mali se dotent de leurs propres centrales solaires, comment expliquez-vous cette transition énergétique ? 
Cela s’explique par le fait que la production d’énergie par les centrales solaires offre des avantages économiques mais aussi environnementaux pour les miniers. 
Aujourd’hui, dans le cadre de l’autoproduction justement, les industries minières au Mali ont installé une puissance totalisant 60 MWc.

Les coûts notamment du solaire de plus en plus compétitifs devraient-ils favoriser le recours à ces solutions économiquement plus rentables et socialement plus Responsables ?Oui, notamment en optant pour le solaire comme dit plus haut. Partant, les sociétés minières pourront faire des économies, mais également dans le cadre de la responsabilité sociétale, elles pourront électrifier les villages environnants tout en diminuant leur empreinte carbone.

Existe-t-il des incitations encourageant les miniers à produire leur propre énergie des sources renouvelables ? 
Oui, il existe une loi qui exonère les équipements d’énergies renouvelables au Mali. A cela il faut ajouter la mise en place dans les prochains jours de nouveaux textes permettant aux auto-producteurs de valoriser leurs surplus d’énergie, en l’injectant dans le réseau électrique du Mali.

Du fait de leur isolement excentré du réseau d’approvisionnement de l’électricité, les industries extractives sont alimentées par des centrales à Diesel. Est-ce à dire que l’abondance des sources d’énergies renouvelables au Mali est une alternative viable pour elles ? 
Non seulement l’abondance des sources d’énergie renouvelable est une véritable alternative pour les sociétés minières, elle est rendue encore plus viable que la réglementation malienne permette l’autoproduction. Ce qui est une opportunité pour les industries en termes d’autonomie et de réduction des coûts de production. Avec le potentiel solaire bien réparti sur l’ensemble du territoire, en plus de la maturité des technologies solaires, l’installation des centrales solaires dans les mines permet aujourd’hui de réduire les coûts de production d’énergie. Aussi la migration vers les énergies renouvelables rend les industries du secteur plus respectueuses de l’environnement. Elles qui, pendant longtemps, sont considérées comme de grands pollueurs.

Bio-express

Souleymane Berthe, Directeur général de l’Agence des énergies renouvelables du Mali

Souleymane Berthé est Docteur et ingénieur. Il est doublement diplômé de l’Ecole Centrale de Lille (France) et de l’Institut Energétique de Moscou (Russie). 
Point focal aussi bien de l’Agence Internationale des Energies Renouvelables (IRENA), de l’Alliance Solaire Internationale (ISA) et du Centre Régional des Energies Renouvelables et de l’Efficacité Energétique de la CEDEAO (ECREEE). 
Il a débuté son activité professionnelle dans le secteur privé, en tant qu’expert énergétique. Depuis 2015, il occupe les fonctions de Directeur général de l’Agence des énergies renouvelables du Mali plus connue sous ses initiales AER-Mali.

 

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