Avec un premier closing de 6,25 millions de dollars, Hummingbird One entend combler le déficit de financement des jeunes entreprises africaines spécialisées dans les énergies renouvelables et la cuisson propre. Un pari stratégique sur un marché encore largement sous-financé.
Les initiatives de financement en faveur des solutions énergétiques durables continuent de gagner du terrain en Afrique subsaharienne. Dans un communiqué publié le 19 mai, Oikocredit a annoncé son entrée au capital de Hummingbird One, un nouveau véhicule financier lancé par Charm Impact pour soutenir les jeunes entreprises africaines opérant dans les énergies renouvelables et les technologies de cuisson propre.
Le fonds a déjà sécurisé un premier bouclage de 6,25 millions de dollars grâce au soutien d’Oikocredit, de l’IKEA Foundation, de la Good Energies Foundation et du Dutch Good Growth Fund, géré par Triple Jump. À terme, Hummingbird One ambitionne d’atteindre une taille finale de 12 millions de dollars.
Pour Gavriel Landau, fondateur et directeur général de Charm Impact, ce nouvel outil répond à une faille persistante du marché :
« L’écosystème des énergies renouvelables parvient de mieux en mieux à financer des projets déjà bien établis. Mais il n’a pas été conçu pour financer la phase de développement. Hummingbird One a été créé pour remédier à ce décalage structurel.»
Combler le “chaînon manquant” du financement
Le fonds prévoit d’accorder des prêts compris entre 50 000 et 500 000 dollars à des entreprises implantées notamment au Kenya, en Ouganda, au Nigeria et en Zambie.
Selon Charm Impact, cette tranche de financement reste largement délaissée : trop modeste pour attirer les grands investisseurs institutionnels, mais trop importante pour les dispositifs informels ou les mécanismes traditionnels de microfinance.
Afin de rendre ces financements viables, Hummingbird One mise sur une structure de financement mixte combinant capitaux seniors, juniors et catalytiques. Le véhicule prévoit également de consacrer au moins 85 % de son portefeuille à des entreprises locales africaines.
Plus de 350 000 bénéficiaires déjà touchés
Avant même ce premier closing officiel, Charm Impact affirme avoir déjà déployé plus de 5,4 millions de dollars via plus de 40 prêts répartis sur huit marchés africains. Ces financements auraient permis d’améliorer l’accès à l’énergie pour plus de 350 000 personnes.
Cette nouvelle opération s’inscrit par ailleurs dans la stratégie climatique d’Oikocredit sur le continent africain. En mars dernier, l’institution avait déjà annoncé un financement de 10 millions de dollars en faveur de Sawa Energy afin de soutenir le déploiement de solutions solaires commerciales et industrielles en Afrique de l’Est à travers environ 250 projets sur trois ans.
Un besoin colossal de capitaux d’ici 2030
Le défi du financement reste néanmoins immense. Selon l’Agence internationale pour les énergies renouvelables (IRENA), le déficit annuel de financement pour les solutions de cuisson propre atteint près de 8 milliards de dollars afin de combler le retard d’accès d’ici 2030.
De son côté, l’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les besoins d’investissement pour les mini-réseaux et les solutions solaires domestiques se situent à un niveau comparable, soulignant l’ampleur des capitaux nécessaires pour accélérer la transition énergétique en Afrique subsaharienne.








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