L’organe législatif mis en place par la junte en Guinée a fixé mercredi à trois ans (36 mois) la durée de la transition avant le retour des civils au pouvoir, a contrario de la Cédéao qui réclame un délai moins long (ndlr : 16 mois).
En septembre 2021, après le putsch contre le président Alpha Condé, l’Organisation sous-régionale avait « insisté pour que la transition soit très courte », et que des élections soient organisées dans un délai ne dépassant pas « six mois ». La Cédéao a suspendu la Guinée après le putsch du 5 septembreet lui a imposé des sanctions à la suite du refus, plusieurs fois réitéré, de la junte de se conformer à ses exigences.
Le délai de 36 mois adopté hier en séance plénière par le Conseil national de transition (CNT), qui fait office de Parlement, est revu très légèrement à la baisse par rapport à l’annonce faite le 30 avril par le chef de la junte militaire, le colonel Mamady Doumbouya, qui avait opté pour une transition de 39 mois.
Sur 81 membres du CNT, 73 ont voté le texte, selon un correspondant de l’AFP. Un membre du CNT était absent, trois se sont abstenus et quatre ont quitté la salle en signe de protestation
Le chronogramme présenté par le Conseil national du rassemblement pour le développement (CNRD), l’organe dirigeant de la junte, a été « débattu et voté par une majorité des membres du CNT », a affirmé à l’AFP le rapporteur de la commission des lois de l’organe législatif, Jean Paul Kotembedouno.
Réunie le même jour à Conakry, une coalition formée du RPG, le parti de l’ex-président Condé, et de formations de l’opposition sous le pouvoir de ce dernier, ont dénié au CNT la prérogative de fixer la durée de la transition.
Dans un communiqué, l’opposition prévient que « la charte de la transition dispose que la durée de la transition est déterminée d’un commun accord entre le CNRD et les forces vives du pays. Le CNT n’est mentionné nulle part comme organe de validation. Par conséquent, cette coalition de partis rejette la résolution de cette instance.





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