Le Parti de la Prospérité auquel appartient le Premier ministre Abiy Ahmed, a remporté une large majorité parlementaire au scrutin législatif organisé début juin, selon les résultats publiés dimanche par la Commission électorale nationale.
Le Premier ministre, dont le parti était donné archi-favori à ce scrutin face à une opposition fragmentée, est au pouvoir depuis 2018. Il a remporté 438 sièges de la Chambre basse du Parlement, soit environ 90 % du total. Or, il lui fallait 274 sièges pour obtenir la majorité. La formation politique du Premier ministre éthiopien est en effet coutumière des scores staliniens. Aux précédentes élections de 2021, elle avait obtenu déjà 90% des sièges.
Abiy Ahmed consolide sa positon au niveau national
Tous les 547 sièges de la Chambre basse du Parlement n’étaient pas à pourvoir, car le vote n’était pas organisé dans la région du Tigré et dans certaines parties de l’Amhara en raison de la résurgence de rébellions armées et de l’insécurité.
Le Parti de la Prospérité a succédé à une coalition multipartite souvent difficile à gérer qui a gouverné l’Ethiopie pendant plus d’un quart de siècle et a aidé Abiy, 49 ans, à consolider son emprise sur la politique nationale, même s’il a dû faire face à une violente opposition dans quelques grandes régions du pays.
Cette fois-ci, les candidats du Parti de la Prospérité ont mis en avant l’amélioration de la sécurité alimentaire et la forte croissance économique. Selon les prévisions officielles, elle dépassera les 10 % en 2026, soit l’une des meilleures performances du continent.
L’Oromia, une région sous tension.
Plus de 50 millions de personnes étaient inscrites sur les listes électorales, mais il n’y a pas eu de scrutin au Tigré, au nord du pays, où les organisateurs avaient invoqué des «conditions défavorables» au lendemain d’une guerre civile de deux ans et dans un contexte de troubles politiques persistants. Addis-Abeba doit également faire face à des insurrections dans les deux plus grandes régions du pays, liées aux griefs de différents groupes ethniques qui dénoncent leur marginalisation au sein du système fédéral éthiopien.
Dans l’Oromia, fief natal d’Abiy dans le sud du pays, les combats entre les forces gouvernementales et le groupe séparatiste de l’Armée de libération oromo ont fait des centaines de morts ces dernières années. Dans la région voisine d’Amhara, une milice connue sous le nom de Fano a pris le contrôle de vastes zones rurales depuis 2023. Au total, les élections n’ont pas eu lieu dans au moins 8 des 138 circonscriptions de cette province rebelle.
Bien qu’un accord de paix de 2022 ait mis fin à la guerre civile au Tigré, une initiative prise en mai dernier par le principal parti politique de la région pour reprendre le contrôle de l’administration a conduit des responsables et des analystes éthiopiens à mettre en garde contre le risque de nouvelles tensions.
Par ailleurs, les partis d’opposition accusent le pouvoir d’Addis-Abeba de les saper en arrêtant leurs dirigeants et en imposant des obstacles juridiques à leurs activités politiques, accusations que le gouvernement rejette.











