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Turquie-Afrique : Comment Ankara a tissé sa toile sur le Continent

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La politique africaine mise en œuvre par la Turquie au milieu des années 2000 a permis d’accroître la présence économique et politique d’Ankara sur le continent, relève une étude que vient de publier le think tank Policy Center for New South.

De l’infrastructure à la santé en passant par les biens de consommation courante, les entreprises turques sont désormais très actives dans les pays africains. La valeur cumulée des projets réalisés est estimée à 71,1 milliards de dollars au cours des 15 dernières années en Afrique. Les investissements directs turcs sur le continent se sont élevés à 10 milliards de dollars, une offensive relayée par le renforcement des ressources diplomatiques dans 45 pays africains. Les échanges commerciaux turco-africains ont par ailleurs enregistré une croissance ininterrompue au cours des deux dernières décennies, passant de 3 milliards de dollars en 2003 à 26 milliards de dollars en 2021.

Les consultants de Policy Center for the New South relèvent plusieurs leviers utilisés par la Turquie pour accroître son influence en Afrique. Ils citent entre autres, liens diplomatiques «patiemment tissés» et décomplexés, en exploitant tantôt le filon de la fraternité musulmane, tant le registre anticolonialiste. Sous-entendu, zéro conditionnalité de l’aide et de la coopération.

37 pays africains disposaient en effet des représentations diplomatiques à Ankara à fin 2021 contre 10 en 2008. On dénombre aussi 43 ambassades turques en Afrique. Ce qui fait de la Turquie le quatrième pays le plus représenté diplomatiquement sur le continent après la Chine, les Etats-Unis et la France.

La présence turque en Afrique est également militaire. L’armée turque dispense des formations à certaines forces de sécurité africaines, comme c’est le cas en Libye et en Somalie. A Mogadiscio, la Turquie a construit un centre de formation militaire pour former l’armée somalienne à la lutte contre le groupe extrémiste Al-Shebab.

Ankara utilise par ailleurs des outils de soft power à l’instar de plusieurs autres puissances engagées en Afrique. La Fondation Maarif, créée par l’Etat, a mis en place 175 écoles dans 26 pays africains. Des centaines d’étudiants sont également encouragés chaque année, à travers l’attribution de bourses, à poursuivre leurs études en Turquie. Des organisations religieuses ou humanitaires sont d’autre part, très actives dans la construction de mosquées, d’hôpitaux et de centres de santé.

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