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Valoriser le capital immatériel

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Nous sommes de plain-pied dans un monde post-industriel. Un monde où les informations et connaissances détenues par une organisation ou un Etat ont une valeur inestimable pour assurer son développement, sa sécurité et sa pérennité. C’est cela le capital immatériel dont je souhaite vous parler en cet automne finissant.

Plus que toutes autres organisations, l’Etat et l’entreprise ont intérêt à exploiter la richesse qu’offre le capital immatériel. L’Etat, de par son rôle de régulateur de la vie économique et sociale, doit créer les conditions de développement et de succès des entreprises en activant ces richesses de l’invisible, car les actifs immatériels sont déterminants en matière de performance et de création de valeur.

Parce que le patrimoine immatériel génère, plus que tout autre capital, des richesses monétaires ou physiques, il mérite une attention bien particulière en tant que concentré d’informations et de connaissances essentielles aux stratégies de développement. Pour capter sa teneur, afin de l’intégrer dans les plans d’une société qui aspire à l’émergence, l’investissement public doit également privilégier les secteurs à forte valeur ajoutée tels que le tourisme, l’artisanat, l’hôtellerie, la restauration ou les métiers de bouche, mais également la santé, l’industrie de la musique, du cinéma, l’art pictural ou encore le sport. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Ces secteurs sont essentiels dans la résorption du chômage de masse. Bien sûr, il faut se donner les moyens d’une telle vision qui ne se décrète pas seulement à coups de lois. C’est un mindset. Un état d’esprit des dirigeants d’abord, des citoyens et des employés, ensuite.

Nombreux sont ceux qui ont bâti leur richesse sur l’exploitation du capital immatériel. Au préalable, il faut un État stratège pour investir massivement dans les infrastructures, supports du capital immatériel : Instituts de formation professionnelle, Écoles d’ingénierie, de management, de commerce, de tourisme, de santé, de cinéma, d’art … avec pour objectifs escomptés d’avoir des ressources humaines de qualité pour piloter ces secteurs capitalistiques. Beaucoup de pays, et non des moindres, ont profité des retombées du capital immatériel. Entre autres secteurs, le tourisme est d’un apport essentiel dans les agrégats économiques des pays qui en ont fait une priorité. Il représente, par exemple quelque 8% du PIB en France, première destination touristique au monde. Idem pour les États-Unis, 2ème destination mondiale, où le secteur des voyages et du tourisme contribue à hauteur de 2,7 % à la richesse nationale. Au Maroc, il oscille entre 6 et 10 %. Ces pays ne sont pas parvenus à de telles performances du simple fait de la qualité de leur patrimoine, qu’il soit culturel ou touristique… Ils ont su mettre en avant des ressources humaines de qualité pour mieux vendre leur destination et rivaliser d’ingéniosité pour tirer meilleur profit de leurs ressources immatérielles. Comme le démontre une étude de Goodwill-management, en collaboration avec HEC Paris, sur l’évaluation des actifs immatériels de 13 quartiers d’affaires à travers le monde. Le projet établit une grille concurrentielle pour comparer les quartiers d’affaires choisis à partir d’une grande variété d’actifs. La diversité des indicateurs a permis de visualiser et d’analyser facilement leurs forces et leurs faiblesses. Au classement final, New York s’empare de la première place avec un score de 15,6 sur 20, suivi par London City 14,5 et Singapour Marina Bay avec 14,3. L’objectif de cette étude est de définir un modèle unique pour évaluer le capital immatériel des quartiers d’affaires.

Autres exemples. Les Émirats arabes unis et le Qatar ont bien compris la leçon pour l’intégrer dans leur stratégie de développement de l’après pétrole et/ou de gaz. Des pays en déficit démographique – très loin de la population optimale, de 30 à 40 millions d’habitants, favorable au développement selon les démographes – qui n’ont pas hésité à faire appel au savoir-faire et à l’expertise du management international, notamment anglo-saxon, pour tirer leur économie vers le haut.

Ainsi, si la compagnie aérienne Emirates est une fierté émiratie, derrière ce succès, on trouve des gestionnaires anglais ou américains notamment. Les Émirats arabes unis et le Qatar ont fait des émules dont l’Arabie Saoudite avec son projet pharaonique de la Cité Neom.

En Afrique également, des pays comme le Rwanda ou le Maroc misent sur la valorisation de ce nouvel outil de développement pour mieux vendre leur destination.

Ceci étant, ces réussites à partir du capital immatériel ne sont possibles que sur la base de la transparence. On est loin des faux diplômes, donc de l’incurie. Il est question de matière grise, de compétences et non de paillettes et strass ou de folklore.

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