C’est une Assemblée Parlementaire de la Francophonie, APF, déterminée à se positionner aux avant-postes en matière de diplomatie, de dialogue et de la recherche de la paix que l’on a entendue durant sa 50e session par la voix de son Président Hilarion Etong et de sa Déléguée générale Amélia Lakrafi mais aussi celles de Yaël Braun-Pivet et Gerard Larcher, hôtes de l’évènement à Paris
En effet, l’APF entend très clairement jouer un « rôle accru dans la résolution des conflits et le soutien aux transitions démocratiques, à travers des missions de bons offices, des dispositifs de veille et une présence renforcée dans les arènes internationales.» D’ores et déjà, une image forte et émouvante restera gravée dans les mémoires des parlementaires réunis au Palais Bourbon, celle de l’accolade fraternelle entre les chefs de délégations congolaise (RDC) et rwandaise. En effet, plus qu’une poignée de mains, c’est une véritable promesse symbolique de paix et d’espérance qui a réuni Vital Kamerhe, Président de l’Assemblée nationale de la RDC et Mussa Fazil Harerimana député Rwandais aux côtés de l’Ivoirien Adama Bictogo et du Béninois Louis Vlavonou.
Par ailleurs, il faut souligner que l’APF entend bénéficier dans les prochains mois d’une position d’observateur au siège de l’Organisation des Nations Unies à New York une façon de marquer ses ambitions.
L’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) tenait sa 50e session du mercredi 9 au dimanche 13 juillet 2025 à Paris. Ce rendez-vous a été organisé conjointement par le Parlement français : Assemblée nationale et Sénat. Cette session historique attendait plus de «60 sections, 500 participants dont des parlementaires, des présidents de parlement, fonctionnaires, experts et observateurs — venus de l’ensemble de l’espace francophone.» Depuis sa création en 1967, l’APF constitue un espace politique de dialogue et de coopération entre les parlements francophones. Elle a pour mission de promouvoir la démocratie, l’État de droit, les droits humains, l’éducation, le développement durable et la langue française.
Une volonté de donner une dimension politique forte à l’action de la Francophonie parlementaire
Si plusieurs objectifs ont été définis clairement lors de la validation du cadre stratégique adopté à Tbilissi par l’APF : participer à l’élaboration de normes législatives communes ; rendre la Francophonie plus attractive pour les jeunes générations ; renforcer les fondamentaux de l’APF (soutien à la diversité linguistique, à l’enseignement du français et aux industries culturelles francophones, etc.) ou encore la modernisation de sa propre gouvernance c’est le renforcement de la diplomatie parlementaire qui semble être au cœur des préoccupations de ses responsables actuels.
Les parlementaires semblent en effet convaincus qu’ils ont un rôle légitime en diplomatie voire qu’ils constituent intrinsèquement, par leur réseau, un canal diplomatique prometteur, susceptible de faciliter le dialogue et la résolution de conflits.
Ainsi Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale française, lors de son allocution d’ouverture a clairement souligné qu’à une époque à laquelle les Nations unies voyaient leur action entravée et que le multilatéralisme constituait une voie incontournable, la «Francophonie pouvait devenir une ancre de paix.» Il y a là, a martelé la patronne des députés français une «fenêtre d’opportunités pour l’APF,»légitime car les parlementaires sont directement porteurs de la voix des peuples francophones.
Pour sa part, le Président du Sénat français, Gérard Larcher a confirmé la dimension politique et linguistique de l’engagement de l’APF en rappelant d’entrée la situation de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal emprisonné en Algérie par un vibrant : «peut-on faire un procès à la littérature ?» Le ton est donné !
Une dynamique nouvelle sous l’impulsion du Président Hilarion Etong et de la nouvelle Déléguée générale Amélia Lakrafi
Amélia Lakrafi a rappelé les grands axes de l’action de l’institution : les «bons offices» dans les situations de crise politique, la question des «élargissements pour tisser de nouveaux liens avec des pays qui frappent à la porte de la Francophonie» et les «approfondissements, pour renforcer les relations avec les sections et porter haut la voix de l’APF dans les grands forums internationaux.»
En guise d’illustration, la Déléguée générale a énuméré pour 2024 et 2025 quelques missions marquantes notamment auprès du Conseil national de transition en Guinée ; à l’occasion de l’investiture présidentielle en Mauritanie ; des missions de suivi de la transition au Gabon et tout dernièrement, une mission de bons offices en RDC et au Rwanda. Elle a également fait part de missions d’élargissement, en Thaïlande et en Irlande…
On notera par ailleurs qu’Amelia Lakrafi a succédé à Bruno Fuchs toujours membre de la section française de l’APF devenu depuis Président de la puissante Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale française. Nul doute que riche de tous ces atouts, la Francophonie parlementaire devrait jouer un plus grand rôle dans les années à venir.
«Quand les araignées s’unissent, elles ligotent un lion» ou l’ambition d’une APF unie, riche de l’apport de chacun de ses parlements membres, conquérante et davantage engagée
Finalement après plusieurs jours de travail, ce sont plus d’une dizaine de résolutions qui ont été adoptées lors de la 50e session de l’APF dans la capitale française.
Elles concernent plusieurs champs notamment la protection des océans dans l’espace francophone, la protection des lanceurs d’alerte, le rôle des médias publics dans la désinformation, l’inclusion scolaire des enfants ayant des problèmes particuliers, la restitution des biens culturels spoliés durant la colonisation (dossier dans lequel l’APF a toujours joué un rôle moteur de premier plan), l’interruption volontaire de grossesse, etc.
La résolution relative aux «Grands Lacs, fruit de la mission de bons offices menée dernièrement à Kinshasa et celle relative à la candidature de l’APF comme observateur au sein des Nations Unies marquent un désir de l’organisation de s’affirmer davantage comme un acteur au service du multilatéralisme. On soulignera que lors de sa venue comme invitée à la 50e session dans l’hémicycle la Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie, Louise Mushikiwabo a accordé son plein soutien à cette démarche et plaidé pour un renforcement des synergies entre les deux organisations.
Parallèlement, le mouvement d’élargissement est clairement engagé comme l’illustre l’admission en 2025 de quatre nouveaux adhérents : le Parlement de Sao Tomé-et-Principe, le Parlement du Ghana, le Landtag de Sarre (République fédérale d’Allemagne) et l’Assemblée parlementaire de la Commission de l’océan Indien (AP-COI) et ceci après que l’Assemblée législative de Pondichéry (Inde), l’Assemblée nationale d’Angola et la Chambre des représentants de Chypre ont fait leur entrée en 2024 à Montréal.
Comme l’a signalé, le ministre français chargé de la Francophonie et des Partenariats internationaux Thani Mohamed-Soilihi , la «Francophonie a un rôle essentiel à jouer dans le monde d’aujourd’hui,» le message semble déjà commencer à porter …




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