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Le chiffre résume le problème. En une génération, la part de la France dans le commerce africain est tombée de 15 % à 7,5 %, rappelle l'auteur. Une érosion qu'il refuse d'attribuer à la concurrence chinoise, turque ou indienne : pour lui, elle procède d'abord d'erreurs françaises accumulées. Paternalisme persistant, héritage mémoriel mal traité, engagements militaires dans l'impasse, politique d'aide épuisée et, au bout du compte, absence de récit positif capable de fonder une relation nouvelle.

Trente ans de terrain sur le continent n'ont laissé à Pascal Lorot aucun doute : le fossé entre l'Afrique réelle et l'image qu'en gardent les élites françaises s'est creusé au point de devenir béant. Dans Adieu Afrique. Histoire d'une rupture fatale (éditions Fayard), l'essayiste livre un diagnostic sévère de l'éloignement franco-africain, tout en refusant de considérer cette rupture comme définitive. Sa conviction : il reste possible de renouer, à condition de passer d'une relation de tutelle à un partenariat entre égaux.

Les auditions des candidats ont permis de mesurer la diversité des parcours, des sensibilités et des propositions. Elles ont aussi révélé une question essentielle : au-delà des programmes présentés, quelle vision voulons-nous réellement porter pour la Francophonie du XXIᵉ siècle ?  

L’élection du prochain Secrétaire général de la Francophonie constitue un moment important pour l’avenir d’une organisation qui rassemble des peuples, des cultures et des continents. Cette élection intervient dans un contexte de profondes recompositions géopolitiques, d’accélération des mutations numériques, de transitions démographiques et climatiques, mais aussi de remise en question du multilatéralisme. Plus que jamais, la Francophonie est appelée à clarifier sa raison d’être et la contribution qu’elle souhaite apporter au monde.

AFRIMAG : En 2024, vous avez été co-auteur du rapport d'information « Le français a encore son mot à dire. Propositions pour une francophonie multilatérale et coopérative. » Quelles étaient les principales recommandations et avez-vous eu le sentiment d'avoir été entendu ? Yan Chantrel : Il est important de rappeler que nous avions été missionnés par la Commission de la culture, de l'éducation, de la communication du Sénat et que ce travail a été fait avec l'ensemble des groupes. Il s'agissait de nourrir le Sommet de la Francophonie à Villers-Cotterêts sous présidence française. Ce rapport a eu un premier impact aboutissant à de riches échanges avec le Gouvernement de l'époque. Mais nous partons du principe qu'il s'agit d'un travail sur le long terme et qu'un suivi est primordial pour que les recommandations deviennent des réalités.

Yan Chantrel est vice-président de la Commission de la culture, de l'éducation, de la communication et du sport au Sénat. Il est également Président du Groupe d'études Francophonie et co-auteur d'un rapport sur la francophonie paru en octobre 2024. Parti travailler en 2011 au Québec, il souligne que cette expérience de vie « l'a ouvert à la diversité de la Francophonie qui est parfois perçue comme un concept abstrait en France.» Face à des menaces de coupes budgétaires affectant le budget de l'Agence Universitaire de la Francophonie (AUF), il tire la sonnette d'alarme aux côtés de 70 parlementaires de sensibilités différentes.

Les gouvernements de ces Etats feront ensuite leur choix en novembre 2026 au Cambodge lors du sommet de l'OIF. Jusqu'à présent, deux candidates, Mushikiwabo et Lumumba, ont capté l'attention des médias, mais cela ne veut pas dire que le scrutin est déjà joué. La première est bien connue dans la francophonie. A 64 ans, cette ancienne ministre des Affaires étrangères de Paul Kagame (2009-2018), dirige l'OIF depuis 2018.

L’heure de vérité s’approche doucement pour les personnalités qui postulent au poste de Secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). La Congolaise Juliana Lumumba, fille de Patrice Lumumba, la sortante, la Rwandaise Louise Mushikiwabo, la Mauritanienne Coumba Bâ, le Roumain Dacian Ciolos se livreront mardi 30 juin, à un exercice nouveau dans la campagne : une audition devant les ministres des Affaires étrangères des 53 Etats et gouvernements membres de l’OIF.