Partie d’un besoin personnel, la marque fondée par Victorine Sarr s’impose aujourd’hui comme une success story africaine. Avec une levée de fonds d’1 million de dollars US, Lyvv Cosmétiques franchit un cap décisif dans un marché en pleine expansion, où innovation, structuration et stratégie commerciale font la différence

Le marché mondial de la beauté pèsera plus de 750 milliards de dollars à l’horizon 2027, selon une récente étude. Quant au marché africain de la beauté, il s’estime à plus de 62 milliards de dollars avec une projection de plus de 100 milliards d’ici 2030.
Dans cet environnement fort concurrentiel, une marque africaine s’est récemment distinguée en réussissant une levée de fonds d’1 million de dollars US. Victorine Sarr, fondatrice de la marque « Lyvv Cosmétiques » a bien voulu partager avec les lecteurs d’AFRIMAG, son parcours, ainsi que les clés de cette réussite qui restera dans les annales.
De la frustration à la structuration : Comment bâtir un projet viable ?
Avant Lyvv, Victorine était cadre chez L’Oréal et Apple. Sa frustration lui vint de la difficulté de trouver des produits adaptés aux peaux noires : «je ne trouvais pas de produits réellement adaptés à ma peau… Au fil du temps, cette frustration s’est transformée en réflexion, puis en actions,» se rappelle-t- elle. Surfant cet élan, elle décida de quitter son poste en 2015 pour créer sa marque, d’abord avec ses économies personnelles. Cependant, là où beaucoup optent pour l’informel à leurs débuts, Victorine fit le choix de la professionnalisation de sa chaîne d’approvisionnement très tôt. En effet, elle s’attela à formaliser le sourcing d’ingrédients tels que le beurre de cacao, le baobab et le moringa dans plusieurs pays du continent d’une part, et d’autre part, fit valider les formules de ses produits par des ingénieurs chimistes cosmétiques afin que ceux-ci soient conformes aux normes internationales (Canada). Pour un investisseur, ce niveau de structuration est un gage de crédibilité. Ils ne tardèrent pas à lui ouvrir les portes.
La traction avant les fonds : la stratégie gagnante

Victorine misa dès le départ sur une approche B2B que sur une approche frontale sur sa cible, le grand public. En effet, elle a ciblé les instituts de beauté et maquilleurs professionnels via une agence de relations presse : «quand ils ont adoubé nos produits, le public nous a accordé sa confiance,» explique-t-elle. Le résultat fut immédiat : avant la pandémie, Lyvv réalisait 80 % de son chiffre d’affaires en B2B. Ce socle de crédibilité a permis de construire une traction solide, un levier essentiel lors d’une levée de fonds.
C’est en 2020, face à la crise que la jeune entreprise basée au Ghana a pivoté vers le marketing d’influence et la vente en ligne, inversant la structure de ses revenus. Elle rejoignit la plateforme Amazon, qui lui permit d’étendre son marché à des pays tels que les États-Unis, le Canada ou le Mexique.
La levée de fonds : une première, un record
C’est au bout de tous ces acquis et de sa capacité prouvée à conquérir les plus grands marchés mondiaux que Lyvv Cosmétiques suscita l’intérêt des investisseurs. Pour la jeune marque, l’aventure se conjuguera avec Barka Capital, un fonds d’investissement spécialisé dans le climat et les projets à fort impact écologique. Le succès ne se fit pas désirer longtemps : une levée d’1 million de dollars US, une première pour une marque africaine de cosmétiques : «Ces fonds nous permettront d’accélérer notre prochaine phase de croissance et de renforcer notre capacité de production. Nous ambitionnons également de structurer davantage notre chaîne d’approvisionnement ainsi que notre réseau de distribution,» assure Victorine Sarr.
La jeune marque a réalisé un chiffre d’affaires de 700.000 dollars en 2025.





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