Les ministres des Finances et les gouverneurs africains auprès du Fonds monétaire international (FMI) se sont réunis mercredi 14 avril avec Kristalina Georgieva, Directrice générale du FMI, pour un brainstorming sur la conjoncture mondiale et ses répercussions économiques sur les pays africains. La guerre au Moyen-Orient était naturellement dans toutes les bouches. Ce conflit qui, même en cas de maintien du cessez‑le‑feu, pèsera sur les perspectives de croissance, et encore plus sur les économies africaines.
A en juger par le communiqué publié au terme de cette rencontre, les argentiers du continent redoutent des effets dévastateurs sur la croissance : « malgré les progrès de stabilisation acquis en 2025, la dynamique de croissance en Afrique devrait ralentir en 2026, contrairement aux projections antérieures. La croissance du PIB réel devrait passer de 4,5 % en 2025 à 4,2 % en 2026. La croissance devrait marquer le pas tant en Afrique subsaharienne qu’en Afrique du Nord, passant de 4,5 % en 2025 à respectivement 4,3 % et 4,1 % en 2026.»
Par ailleurs, les perspectives demeurent incertaines, car le poids élevé du service de la dette, l’accès restreint à des financements abordables et les besoins croissants en matière de développement continuent de limiter la marge de manœuvre, en particulier dans les pays à faible revenu fragilisés par un conflit. La guerre du Moyen-Orient ajoute une couche supplémentaire de complexité car elle pourrait laisser de profondes séquelles, notamment en raison du retour de l’inflation, des pénuries alimentaires, ainsi que d’autres tensions sociales, s’alarment les ministres africains des Finances.
Attention à ne pas geler les réformes structurelles !
Au regard de ce tableau, le groupe consultatif africain reconnaît que « les dirigeants doivent s’attacher à faire face au choc à court terme tout en renforçant la résilience à moyen terme.» Les priorités à court terme doivent focaliser sur le maintien de l’ancrage des anticipations d’inflation et la protection des populations les plus vulnérables au moyen d’aides ciblées et limitées dans le temps. La politique budgétaire devrait conjuguer crédibilité et flexibilité : les pays exportateurs de pétrole devraient épargner les recettes exceptionnelles résultant de la hausse des cours du baril et reconstituer leurs marges de manœuvre. Le message est on ne peut plus clair : attention à la tentation dépensière. En revanche, les pays importateurs de pétrole devraient préserver les dépenses sociales et de développement prioritaires tout en mobilisant les recettes intérieures, en améliorant l’efficience des dépenses et en renforçant la gestion des finances publiques.
Ces contraintes ne doivent pas être un alibi pour mettre sur pause les réformes structurelles, soulignent les ministres africains. C’est la clé pour stimuler la croissance et la diversification, approfondir l’intégration régionale et les marchés financiers intérieurs, et investir dans les infrastructures énergétiques et numériques.





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