D’ici six ans, 90 % des adultes de la zone UEMOA devront avoir accès à des services financiers. Avec un nouveau plan stratégique de 32,9 milliards de FCFA, la Banque Centrale passe à l’offensive pour transformer l’économie régionale en un modèle d’accessibilité.
Après avoir réussi l’exploit de faire grimper le taux d’inclusion financière de 47 % en 2016 à 72,3 % en 2023, la Banque Centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Elle se fixe un nouveau cap. En effet, son nouveau document-cadre pour la période 2025-2030 affiche une ambition claire : briser les dernières barrières de l’exclusion. L’objectif n’est plus seulement de fournir un compte, mais de garantir l’utilisation réelle d’une gamme de services diversifiés, abordables et adaptés aux réalités locales.
Un plan de bataille à 32,9 milliards de FCFA
Pour transformer cette vision en réalité, la BCEAO déploie une artillerie lourde structurée autour de cinq piliers stratégiques. Le budget, colossal, servira à moderniser le cadre légal, à assainir le secteur de la microfinance et à booster l’innovation technologique.
L’accent sera mis sur deux leviers majeurs à savoir l’éducation financière pour que chaque citoyen devienne acteur de sa propre gestion et l’exploitation des données pour mieux comprendre le marché et affiner les politiques publiques.
Cibles prioritaires : les « oubliés » du système
La stratégie 2025-2030 ne fait pas dans la demi-mesure et cible précisément ceux qui sont encore en marge du circuit formel. Les femmes, les jeunes et les populations rurales sont en première ligne. Le plan prévoit également des dispositifs spécifiques pour les Très Petites Entreprises (TPE), les personnes déplacées et les personnes en situation de handicap, afin que nul ne reste sur le bord de l’inclusion financière.
Des chiffres pour une métamorphose
La mutation se lira dans les statistiques de 2030 d’autant que la Banque Centrale prévoit notamment :
- Une montée en puissance de la monnaie électronique passant de 55,9 % à 75 % d’utilisation ;
- Un renforcement du maillage territorial avec 300 points de services pour 10 000 habitants (contre 205 actuellement ) ;
- Une baisse du coût du crédit en microfinance, qui devrait passer de 24 % à 20 %, rendant l’emprunt plus respirable pour les entrepreneurs.
Vers une finance plus protectrice
Au-delà des chiffres, c’est un changement de paradigme qui s’opère. En renforçant la surveillance et la protection des consommateurs face aux dérives technologiques, la BCEAO semble vouloir instaurer une confiance durable. L’enjeu étant de faire de l’inclusion financière non plus un simple indicateur technique, mais un véritable moteur de réduction de la pauvreté pour les millions de citoyens de l’espace UEMOA.











