Le 8 mars 2026 restera gravé comme le jour où l’Afrique a rendu justice à l’une de ses plus grandes bâtisseuses de paix. À Lagos, Bineta Diop a reçu le prestigieux African Women Impact Award. Plus qu’une récompense, ce prix couronne trente ans de lutte acharnée pour placer les femmes au cœur de la gouvernance et de la survie du continent

Le pupitre était fleuri, l’audience prestigieuse, mais l’émotion, elle, était brute. Lorsque Bineta Diop s’est avancée pour recevoir son prix sous les projecteurs d’Arise News, ce n’est pas seulement une diplomate que l’on acclamait, mais trois décennies de résistance.
Trente ans de combat : de l’ombre des conflits à la lumière du droit
L’année 2026 n’est pas une date anodine. Elle marque le Trentenaire de Femmes Africa Solidarité (FAS), l’organisation pionnière fondée par Bineta Diop en 1996. À l’époque, l’idée que les femmes puissent s’asseoir à la table des négociations de paix relevait de l’utopie. Pourtant, Bineta Diop a bâti. Elle a construit l’espoir là où tout n’était que cendres : avec les déplacées du Liberia, les survivantes de violences sexuelles en RD Congo et les mères meurtries du Darfour. Sa conviction ? « On ne peut pas bâtir une paix durable sur des fondations qui excluent la moitié de la population. »
Une diplomate de terrain, entre camps de réfugiés et palais présidentiels
Ce qui distingue Bineta Diop, c’est sa capacité unique à naviguer entre deux mondes. On l’a vue dans la poussière des camps de déplacés, écoutant des femmes privées de tout, pour ensuite porter leurs voix devant le Conseil de sécurité des Nations Unies ou les sommets de l’Union Africaine. Son héritage est désormais gravé dans le marbre juridique du continent. Elle a été l’architecte du Protocole de Maputo et l’âme de la Convention de l’UA contre les violences faites aux femmes, adoptée en 2025. Ces textes ne sont pas de simples documents administratifs ; ce sont des boucliers pour des millions de filles, jusque dans l’espace numérique.
« Les femmes sont les architectes de la paix »
De 2014 à 2025, en tant qu’Envoyée spéciale de l’UA, elle a sillonné les zones les plus instables du continent. De la Somalie au Soudan, son message n’a jamais dévié : les femmes ne doivent plus être perçues uniquement comme des victimes, mais comme les piliers de la reconstruction. Pour Bineta Diop, le leadership est un partenariat. Loin de toute confrontation stérile, elle a su faire des hommes des alliés de cette transformation. En collaborant avec des institutions comme Harvard, elle a formé une nouvelle garde de leaders africains, prouvant que l’équité est le moteur du développement.
Un prix dédié aux « héroïnes de l’ombre »
Fidèle à sa réputation, la lauréate a refusé de garder toute la lumière pour elle. Lors de son discours, elle a dédié son trophée aux médiatrices rurales et aux mères des camps de réfugiés. « Ce prix appartient à celles qui ont lutté pour que notre dignité ne soit plus une option », a-t-elle déclaré avec force.
Pour que ce combat ne s’efface jamais, Bineta Diop a profité de cet événement pour lancer son site officiel. Véritable archive vivante du mouvement féministe africain, cette plateforme se veut un passage de témoin aux générations futures. Car si le prix salue un parcours, le mouvement, lui, ne fait que commencer.








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