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Afrique Développement, un futur Davos africain à Casablanca

A sa troisième édition seulement, le Forum International Afrique Développement est en train de devenir le Davos du continent africain.

Mohamed El Kettani, PDG de Attijariwafa Bank

Mohamed El Kettani, PDG de Attijariwafa Bank

Co-organisé par le groupe Attijariwafa bank et Maroc Export, le 3e Forum international Afrique Développement qui s’est déroulé les 19 et 20 février à Casablanca a rassemblé autour du thème « Le temps d’investir » quelque 1700 décideurs économiques et politiques représentant 23 pays dont 17 d’Afrique. Cette grand-messe des affaires a généré plus de 4500 rendez-vous d’affaires. Un succès qui témoigne d’une Afrique qui prend conscience de son potentiel et entend bien se donner les moyens de construire son avenir. Les secteurs ayant rencontré le plus de succès sont les industries manufacturières, les BTP et les services. Selon les mots de Mohamed El Kettani, Président du Groupe Attijariwafa bank, « ces rendez-vous ont, pour la précédente édition du forum Afrique développement, permis à plus de 40 % des entreprises participantes de développer un courant d’affaires Sud-Sud conséquent constitué majoritairement de la coopération économique (import-export) et également des investissements et du transfert de savoir-faire ». Et de poursuivre : « Autant dire que le bilan partiel des B to B de cette 3e édition augure de carnets de commandes bien fournis ». Au-delà de ces rencontres, trois panels de débats ont été organisés. Ils ont été articulés autour des thématiques suivantes : « Énergie : diversification des sources d’énergie et sécurité énergétique » ; « Agro-industrie : valorisation des ressources agricoles et sécurité alimentaire» enfin, « Infrastructures : enjeux, mode de partenariats et de financements ». Ils ont donné suite à des recommandations (voir encadré) dont Mohamed El Kettani a dit qu’ « elles appellent toutes à l’unité de l’action et à la facilitation institutionnelle en faveur de l’investissement du secteur privé ». Il ressort de toutes ces recommandations que l’un des moteurs sur lequel pourra s’appuyer Afrique Développement, c’est à la fois l’échange, la multiplication des rencontres entre opérateurs économiques au sein du Club nouvellement crée.

Zahra Maafiri, ambassadrice du « Made in Africa »

Zahra Maafiri, Directeur général de Maroc Export

Zahra Maafiri, Directeur général de Maroc Export

S’exprimant à l’occasion, Zahra Maafiri, Directrice générale de Maroc Export a tenu à souligner l’importance du Forum International Afrique Développement : « Cette rencontre est importante pour approfondir nos réflexions, les traduire en actions pour monter le modèle de la transformation économique de notre Continent », et d’ajouter : « Nous avons une ambition commune majeure : créer le label « Made in Africa », le développer et contribuer à l’intégrer dans la chaîne de valeur du commerce mondial». A noter qu’une trentaine d’Organismes de promotion de commerce (OPC) et partenaires chambres de commerce étaient tous présents à ce grand rendez-vous d’affaires. Selon Zahra Maafiri, ces OPC ont travaillé durant deux mois en parfaite synergie, notamment dans le cadre d’un réseau qu’ils ont constitué le 17 décembre dernier. « Certes, vous diriez, nos objectifs-pays sont les mêmes et nos missions sont donc concurrentielles. Mais nous avons une ambition commune majeure : créer le label « Made in Africa », le développer et contribuer à l’intégrer dans la chaîne de valeur du commerce mondial », a-t-elle lancé dans son intervention tout en précisant que le « Made in Africa » « arrivera au marché international grâce à … une démarche en synergie qui sera, in fine, portée par le secteur privé : grandes ; moyennes ; petites et très petites entreprises ».

Cela devrait faciliter, entre autres, l’accession aux opportunités d’investissements par pays. Il y a de quoi être optimiste, car le souhait de convergence est réel entre le Maroc et les autres pays d’Afrique subsaharienne qui veulent s’impliquer dans cette coopération Sud-Sud. Ces dix dernières années, l’Afrique a enregistré un taux de croissance moyen supérieur à 5 %. Un rêve hors de portée de l’Europe par exemple ! Pourtant, comme l’a souligné lors de ce forum, le Président de PAI Partners, Lionel Zinzou : « soumise à la pression des jeunes générations arrivant sur le marché du travail – 41 % des Africains ont moins de 15 ans, l’âge médian est de 20 ans – l’Afrique doit faire beaucoup mieux, autour de 7 % de croissance, pour espérer s’inscrire dans une émergence irréversible ».

Les ambitions de croissance des uns et des autres.

Mais le Sénégal, par exemple, veut faire encore plus, lui qui vise une croissance supérieure à 8 % en 2018, conformément à son « Plan Sénégal émergent », présenté le vendredi 20 février pendant le Forum par Amadou Ba, ministre de l’Economie, et par Ibrahim Wade, Directeur opérationnel du suivi du Plan. Les deux responsables ont mis en avant les arguments classiques susceptibles d’attirer les investisseurs : des infrastructures qui s’étoffent (un nouvel aéroport bientôt livré près de Dakar, un port opérationnel 7/7 et 24/24, le seul de la région, un réseau télécoms moderne et fiable, avec notamment 3000 km de fibres optiques…), une garantie illimitée de retour des capitaux et des avantages fiscaux, un environnement des affaires optimisé – en 2014, le Sénégal a gagné dix-sept places au classement Doing Business de la Banque mondiale. La veille, la Côte d’Ivoire et le Gabon avaient aussi déplacé ministres et hauts fonctionnaires pour présenter leurs plans respectifs de développement économique, chacun mettant en valeur tant la stabilité politique que sa capacité à réformer pour faciliter les investissements et améliorer l’environnement des affaires, ainsi que ses ambitions de croissance « à la chinoise » – 10 % en 2015 pour la Côte d’Ivoire (elle était déjà à 9,8 % en 2012) – ou encore la faiblesse du risque-pays revendiqué par le Gabon, sur la base des estimations de la Coface. Comme le faisait remarquer un congressiste, chaque pays cherche à attirer les investisseurs en se présentant sous son aspect le plus attractif, et « il reviendra aux investisseurs de les départager ».

Cela dit, au-delà de cette concurrence logique et légitime, c’est surtout l’émergence d’une conscience d’intérêts convergents qui a marqué cette rencontre, plusieurs personnalités insistant sur la nécessité d’une «vision africaine intégrée», notamment évoquée par le président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali, Mamadou Konaté. Aussi, parle-t-il de « vision africaine intégrée ». Celle-ci est déjà en œuvre au Maroc, par l’entremise de Casa Finance City (CFC). Pour son président, Said Ibrahimi, « cette vision africaine passe par l’émergence de grands groupes régionaux » pour un meilleur accès à de plus vastes marchés. Il s’agit là d’indications précieuses qui vont dans le sens du renforcement d’une manifestation qui ne devrait pas manquer de se bonifier de plus en plus au service de la coopération Sud-Sud.

Les représentants des entreprises primées

Les représentants des entreprises primées

Des panels qui interpellent

Outre les plénières et les btob, les temps forts du Forum International Afrique Développement, étaient également les panels aussi intéressants les uns que les autres et qui se sont penchés sur des questions qui préoccupent le continent. 

Diversification des sources d’énergie et de la sécurité énergétique

Ce panel recommande une convergence des stratégies et la mise en place d’un mécanisme de coordination y compris sur le plan réglementaire. Il y a lieu de régler les problèmes liés au dimensionnement et à l’entretien de l’énergie électrique, de développer le partage d’expérience à travers des projets de codéveloppement, de coproduction, de colocalisation à l’instar de ce qu’a déjà fait le Maroc en 2014 avec le Bénin, le Gabon et le Congo Brazzaville, fort de son expérience accomplie d’électrification rurale avec une création de plus de 100 000 emplois dans le secteur.

Enjeu de la valorisation des ressources agricoles et de la sécurité alimentaire

Partant du constat que deux personnes sur trois dans le monde ayant des difficultés à se nourrir sont africaines, soit plus de 500 millions, ce panel a mis en exergue les 800 millions d’hectares de terres arables non exploitées en Afrique. Il a préconisé que de grands aménagements soient réalisés pour accueillir de grands projets agricoles afin d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Et a conseillé une meilleure conjugaison du temps agricole, sur du long terme, et du temps des marchés, sur du court terme. Il est également conseillé de s’inspirer positivement de la Politique agricole commune (PAC), mise en place il y a 50 ans. Cela permettra de garantir l’autosuffisance alimentaire, de faciliter l’accès au foncier, d’avoir une fiscalité incitative à la transformation locale de produits bruts par des acteurs locaux, mais aussi multinationaux.

Infrastructures

Ce panel a montré l’étendue des besoins du continent. Selon la Banque mondiale, 93 milliards de dollars US devront être investis par an en Afrique si l’on veut régler la question du déficit en infrastructures en Afrique. Au regard de l’importance des secteurs concernés, à savoir l’énergie, le transport, l’eau, les télécommunications, et les technologies de l’information, ce sont les modes de financement qui ont été mis en avant. Ils doivent être innovants et bénéficier “d’une identification précise des projets, d’une rigueur dans leur préparation, d’une structuration des finances, d’une solvabilisation des projets d’infrastructure pour assurer des rendements acceptables”.

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