Confrontée à la dégradation de la situation financière et à la faillite de certains fleurons du secteur public, Pretoria cherche une parade pour rattraper ce qui peut l’être. Ainsi, le gouvernement envisage de loger dans une holding, en lieu et place du ministère actuel, la totalité des participations de l’Etat. Pas sûr que cela règle le problème structurel de la mauvaise gouvernance de ces entreprises. Le cas de l’énergéticien Eskom, placé sous perfusion financière par l’Etat, symbolise la gabegie et la corruption qui gangrènent le secteur public dans ce pays.
Le ministère sud-africain des Entreprises publiques a publié, vendredi 15 septembre, un projet de loi prévoyant la création d’une holding regroupant plusieurs sociétés d’Etat dont la compagnie d’électricité en difficulté Eskom Holdings et l’opérateur ferroviaire et portuaire Transnet. Intitulé «National State Enterprises Bill», ce texte précise qu’il sera créé une société de gestion d’actifs baptisée «State Asset Management SOC Ltd.», qui «consolidera les participations de l’Etat au sein d’une seule entité.» Il s’agit d’une holding qui pilotera la stratégie de l’Etat actionnaire. Le ministère des Entreprises publiques, qui supervise actuellement les participations de l’Etat dans le secteur public, sera supprimé.
Plusieurs grandes entreprises publiques sud-africaines cumulent en effet des déficits et croulent sous le poids de la dette depuis plusieurs années, en raison notamment de la mauvaise gestion et de la corruption qui les gangrène. Ainsi, l’incapacité de l’énergéticien national Eskom à répondre à la demande, avec ses centrales à charbon vieillissantes et de nouvelles capacités de production insuffisantes, a plongé l’Afrique du Sud dans une grave crise énergétique qui plombe la croissance économique. Les ménages et les entreprises vivent désormais au rythme de délestages récurrents.
De même, l’incapacité du groupe logistique Transnet à faire fonctionner les chemins de fer et les ports qu’il a sous gestion, empêche les compagnies minières opérant dans le pays de répondre efficacement à la demande entraînant de gros manque à gagner financiers. Cette situation accroît chaque jour un peu plus la méfiance des investisseurs envers ce pays.





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