«Nous vous demandons instamment de révoquer les avantages préférentiels accordés à l’Afrique du Sud en vertu de la loi.» Cette requête de quatre membres du Congrès demandant à Donald Trump d’exclure l’Afrique du Sud de l’AGOA fait trembler toute l’industrie automobile dans le pays. C’est la sanction envisagée par l’administration Trump pour «punir» l’Afrique du Sud suite à la promulgation de la loi d’expropriation foncière sans compensation

Cette législation ouvrant la voie à une redistribution des terres au profit des populations noires spoliées sous le régime d’apartheid, a été vertement critiquée par Donald Trump. Le président américain avait brandi la menace de suspendre l’aide américaine à Pretoria, notamment le traité (African Growth and Opportunity Act – AGOA) accordant des baisses et d’exemptions de droit de douane aux produits sud-africains. Du Cap à Pretoria, les milieux économiques sont tétanisés par une telle éventualité dans la mesure où l’Afrique du Sud est le premier exportateur africain de produits non pétroliers vers les Etats-Unis grâce aux dispositifs de l’AGOA.
L’industrie sud-africaine dans la ligne de mire de Trump
C’est surtout l’industrie automobile qui a tout à perdre de la suspension de l’AGOA : «Cela aurait un impact énorme», redoute Billy Tom, numéro un du Conseil des entreprises du secteur automobile (Naamsa). Pour comprendre les craintes du responsable, il faut revenir sur la place qu’occupe le marché américain pour l’automobile sud-africaine. En effet, c’est grâce à cette facilité commerciale permettant aux marchandises d’accéder au marché américain sans droits de douane que l’industrie a accéléré son développement depuis le début des années 2000.
Cet avantage tarifaire, couplé au coût relativement faible de la main-d’œuvre, a poussé plusieurs multinationales comme BMW, Volkswagen, Ford et Toyota à s’installer en Afrique du Sud pour y fabriquer et assembler des voitures ainsi que divers composants (catalyseurs, pièces de moteur et pneus).
En 2022, l’Afrique du Sud a expédié 20 566 unités de véhicules (contre 853 unités en 2000) pour 24,1 milliards de rands (1,3 milliard de dollars) selon des données de la profession.
Pour les industriels, l’enjeu est donc de taille. Si l’exclusion de l’Afrique du Sud de l’AGOA est actée, d’ici septembre prochain, cela signifie concrètement que les voitures en provenance du pays seront frappées par des droits allant jusqu’à 25 % de leur valeur. Une telle perspective plomberait la compétitivité ainsi que les efforts entrepris depuis deux décennies par l’industrie pour se faire une place sur un marché américain très concurrentiel. En effet, même avec l’AGOA, le pays ne comptait que pour 0,14 % des 14,2 millions de véhicules vendus aux Etats-Unis en 2022.





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