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Anana Harouna, leader du groupe Kel Assouf au Festival international des nomades

Anana harouna. Pour la 11ème année consécutive, le Festival international des nomades a étalé le tapis jaune des sables pour faire découvrir à ses invités les secrets et mystères du désert au rythme des musiques du monde, du 14 au 16 mars 2014
. La musique touareg fut partie du plat principal du programme avec le célèbre groupe nigérien “Kel Assouf “, une troupe qui revendique sa multi-culturalité et l’universalité de son message

AFRIMAG : votre groupe comprend des membres de différentes cultures et origines, pourtant vous chantez la même musique, celle des Touaregs ?
Anana Harouna : La culture touareg est l’âme de nos chansons en tamasheq, bien que chacun d’entre nous ait ses propres origines : Niger, Algérie, Mali, Mauritanie, Ghana, Togo, Belgique et France. La mixité est une richesse pour nous. Chacun apporte son grain de sable. Au-delà de nos différences, on est en mesure de créer quelque chose de cohérent. De rassembler notre discours. Notre musique puise ses influences dans le blues touareg, mais nous sommes ouverts aux sonorités du monde.
La présence de la guitare dans vos compositions est-elle un symbole de révolution quand on sait que vous avez quitté le Niger pour la Belgique en 2005, après avoir participé à la rébellion de 1990 ?
Pendant les années 1980, la guitare était une arme de la révolution touareg. Les revendications des populations du désert sont donc passées par les chansons. Elles portent un message de sensibilisation. La musique du désert blues raconte la nostalgie d’un peuple qui a perdu ses terres, alors qu’ils étaient les “Fils du désert.” Alors, on chante au nom de nos ancêtres, pour retrouver l’art de vivre en liberté et au cœur même des éléments, du sable, du vent, du soleil. Donc, on revendique principalement le droit à l’éducation, aux soins médicaux et à la reconnaissance sociale.

En participant au Festival international des nomades, quel message avez-vous voulu faire passer ?

Le Festival international des nomades est l’une des opportunités pour sensibiliser le monde à la cause des Touareg et du désert. Depuis que le désert du Sahara existe, les Touaregs l’habitent, ils sont restés fidèles à leurs traditions. Mais face aux grandes sécheresses, ce peuple est démuni avec la perte de sa principale richesse : les bétails de chameaux, de moutons, de chèvres… Cette situation les a obligés de rejoindre les villes. Là, les Touaregs sont confrontés à la réalité. Ils doivent parfois parcourir 20 km dans le désert à la recherche d’un point d’eau. Autre problématique, la destruction du désert s’accentue de plus en plus, surtout qu’on vend chaque année des centaines de permis d’exploitation du sable. En continuant sur cette voie, on va perdre une richesse naturelle et une population ancestrale. Le paradoxe, c’est qu’aujourd’hui des sociétés internationales viennent dans le désert et exploitent l’uranium mais elles oublient qu’un peuple vit sur ces terres ! Sensibiliser les grandes puissances à la situation des Touaregs c’est important. Lors des rencontres internationales entre nations occidentales et pays d’Afrique, cette problématique devrait être abordée. Quand les gens pensent aux Touaregs ils voient souvent un mec dans le désert en train de se balader sur son chameau mais quelle réalité se cache derrière cette carte postale ? Alors Kel Assouf continue à chanter avec l’espoir que les Touaregs sauront un jour s’unifier pour créer une force capable d’imposer leurs revendications aux différents Etats dans lesquels ils vivent.

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