Inaugurée ce samedi 22 août à Thiadiaye par le président Bassirou Diomaye Faye, l’autoroute Mbour–Fatick–Kaolack marque une nouvelle étape dans la politique d’aménagement du territoire. Avec ses 100 km d’autoroute et 15 km de routes de connexion, l’infrastructure entend rapprocher la Petite Côte du cœur du Bassin arachidier, tout en fluidifiant les échanges et en donnant un nouvel élan aux territoires traversés.
C’est à Thiadiaye que le chef de l’État a officiellement donné le coup d’envoi de la mise en service de l’autoroute Mbour–Fatick–Kaolack. Après plusieurs années de travaux, cet axe majeur est désormais ouvert à la circulation, offrant une nouvelle liaison rapide entre la Petite Côte et les régions de Fatick et de Kaolack.
L’ouvrage représente 100 kilomètres d’autoroute, auxquels s’ajoutent 15 kilomètres de routes de connexion destinées à améliorer l’accès aux territoires et aux principaux pôles d’activité situés le long du tracé.
Au-delà de la prouesse infrastructurelle, l’enjeu est d’abord territorial. En reliant plus efficacement les zones côtières au Bassin arachidier, le projet doit réduire les distances, faciliter la circulation des personnes et des marchandises et contribuer à désenclaver plusieurs localités.
738 millions de dollars sur la table
Le chantier aura mobilisé un investissement de 738 millions de dollars, faisant de cette autoroute l’un des projets structurants de la politique sénégalaise d’infrastructures.
Le financement de l’ouvrage a été assuré par la République populaire de Chine, une implication que Bassirou Diomaye Faye a présentée comme un motif de satisfaction nationale et une illustration de la qualité des relations entre Dakar et Pékin.
Pour les autorités sénégalaises, l’autoroute dépasse ainsi la seule dimension routière. Elle s’inscrit dans une coopération économique qui accompagne les ambitions du pays en matière de modernisation des infrastructures et de transformation de son réseau de transport.
Des retombées qui dépassent le bitume
Le projet revendique également un impact sur l’emploi et le tissu entrepreneurial local. Quelque 3 000 emplois directs ont été mobilisés durant sa réalisation.
Surtout, 60 milliards de francs CFA de sous-traitance ont été orientés vers des entreprises et PME sénégalaises. Un chiffre que le gouvernement met en avant pour illustrer la volonté de faire des grands projets d’infrastructure des leviers de développement du secteur privé national.
Cette dimension économique sera désormais jugée à l’aune des effets réels de l’autoroute : réduction des temps de trajet, baisse des coûts logistiques, accès facilité aux marchés et capacité des entreprises locales à tirer durablement profit de l’amélioration de la connectivité.
Une mise en service accélérée avant le Gamou
Le calendrier de livraison constituait un autre enjeu. Le chef de l’État a félicité les ministères des Infrastructures et des Transports pour avoir raccourci les délais d’exécution et permis la mise en service de l’ouvrage avant le Gamou.
L’objectif est autant économique que pratique. La période de pèlerinage entraîne d’importants mouvements de populations à travers le pays, et la nouvelle infrastructure doit permettre d’améliorer les conditions de déplacement des fidèles comme celles des autres usagers.
Cette mise en circulation intervient donc à un moment particulièrement stratégique, avec l’espoir de soulager certains axes routiers existants et de rendre les déplacements plus fluides entre les différentes zones concernées.
De la mobilité à l’équité territoriale
Derrière le projet autoroutier se joue une ambition plus large : réduire les disparités entre les territoires.
Pendant longtemps, le développement des infrastructures sénégalaises s’est concentré autour de Dakar et des principaux pôles urbains. L’extension progressive du réseau autoroutier vers les régions vise à modifier cette géographie, en rapprochant les bassins de production des centres de consommation et des infrastructures portuaires.
Mbour, Fatick et Kaolack occupent, à cet égard, une position stratégique. La première bénéficie du dynamisme de la Petite Côte ; les deux autres constituent des territoires importants pour les activités agricoles, commerciales et de transport.
En facilitant leurs interconnexions, la nouvelle autoroute pourrait contribuer à faire émerger un espace économique davantage intégré, dans lequel les flux de marchandises et de personnes circuleraient plus rapidement.
La « Vision Sénégal 2050 » à l’épreuve du terrain
Pour le pouvoir, l’inauguration de Mbour–Fatick–Kaolack constitue surtout une traduction concrète de la Vision Sénégal 2050. Le projet est présenté comme une nouvelle étape vers une meilleure équité territoriale et une croissance davantage répartie entre les différentes régions du pays.
Reste désormais le test de l’usage. Une infrastructure de cette ampleur ne se mesure pas seulement à ses kilomètres de chaussée ou à son coût de construction. Sa réussite dépendra de sa capacité à transformer durablement les pratiques de mobilité, à stimuler les échanges commerciaux et à produire des effets tangibles sur les économies locales.
Avec cette mise en service, le Sénégal ajoute en tout cas un nouvel axe majeur à son réseau autoroutier. Et, au-delà du ruban inaugural, c’est désormais la capacité de cette infrastructure à accélérer le désenclavement, l’activité économique et l’intégration des territoires qui sera scrutée.





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