Dernières nouvelles
Accueil » A la une » Assemblées annuelles FMI-BM 2019 : La pauvreté et la dette, les questions qui fâchent

Assemblées annuelles FMI-BM 2019 : La pauvreté et la dette, les questions qui fâchent

 

 Les Assemblées annuelles 2019 du Groupe de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI) se sont tenues à Washington (USA), du 16 au 20 octobre. Les questions qui préoccupent la communauté internationale depuis plusieurs décennies restent quasiment les mêmes : la pauvreté et la dette.

Le retour sur ces questions qui fâchent résulte d’un constat : malgré le recul de la pauvreté dans le monde (Près de 1,1 milliard de personnes sont parvenues à l’échapper entre 1990 et 2015), il faut agir bien davantage et accélérer les progrès pour lever les obstacles au développement et réduire l’extrême pauvreté, note un récent rapport de la Banque mondiale sur la croissance dans le monde. Le «comment faire» est la réflexion que ces Assemblées annuelles demandent aux délégués des États membres, les observateurs, les représentants de la société civile, les acteurs du secteur privé et les médias présents à Washington.

Grâce à une croissance économique diversifiée et des stratégies de développement inclusives, le combat contre la pauvreté dans le monde marque des points mais la partie est loin d’être gagnée puisqu’une personne sur dix dans le monde vit encore de nos jours dans l’extrême pauvreté, toujours selon le rapport de la BM.

Pour que les stratégies menées par les gouvernements sous l’impulsion de la Banque mondiale aient une chance de réussite, il faut, nécessairement, se poser les bonnes questions, font remarquer les responsables de ces Assemblées annuelles : Comment enclencher une croissance économique inclusive ? Pourquoi faut-il renforcer la transparence de la dette ? Quelles sont les solutions concrètes pour s’attaquer à la crise de la biodiversité ? Alors qu’un grand nombre d’enfants ne savent pas lire à dix ans, quelles mesures prendre pour leur permettre d’apprendre ?

Les expériences novatrices dont d’autres pourraient s’inspirer, des initiatives menées pour améliorer l’accès des femmes entrepreneures aux capitaux et aux marchés à l’impact des investissements dans l’infrastructure en faveur d’une croissance durable et du développement social des pays et de leurs habitants devraient être au cœur de l’événement.

Pour les professionnels du développement international, les Assemblées annuelles sont une occasion exceptionnelle de rencontrer leurs pairs, de prendre part à de riches séances de discussion et d’assister à des débats publics réunissant des personnalités de premier plan.

Une occasion pour échanger et approfondir certaines connaissances de nature à aider pour réajuster des stratégies de développement en cours depuis 1985 et qui commencent à faire douter de leur efficience notamment dans des pays à revenu faible et intermédiaire avec une dette extérieure qui continue d’augmenter.

La question de la dette

La dette n’est plus l’affaire des pays pauvres ou ceux dits à revenus intermédiaires. Il est même de notoriété que les pays qui «supportent» l’économie mondiale trainent également des dettes colossales nécessaires pour maintenir leur croissance à un niveau acceptable. Une ONG britannique conseille de restructurer cette dette plutôt que de continuer à l’augmenter.

Selon l’édition 2020 des Statistiques sur la dette internationale (IDS) de la Banque mondiale, «l’encours de la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire a atteint 7.800 milliards de dollars en 2018, ce qui correspond à une hausse de 5,2% par rapport à l’année précédente, mais aussi à un ralentissement par rapport à l’augmentation enregistrée en 2017.» Compte non tenu des dix plus gros emprunteurs du monde (Afrique du Sud, Argentine, Brésil, Chine, Fédération de Russie, Inde, Indonésie, Mexique, Thaïlande et Turquie), les stocks de dette cumulés par les pays en développement ont augmenté de 4%.

La Banque mondiale note, avec un brin de satisfaction, que «les flux nets d’endettement (versements bruts moins remboursements du principal) en direction des pays à revenu faible et intermédiaire ont fléchi de 28%, à 529 milliards de dollars US. Parallèlement, les flux financiers nets (qui comprennent à la fois les apports générateurs de dette et les prises de participation) vers ces pays ont reculé de 19% en 2018 et de 29% en excluant la Chine.»

Ces Statistiques de la Banque mondiale sur la dette internationale qui dresse chaque année un état des lieux de l’évolution de la dette extérieure et plus généralement des flux financiers en direction des pays en développement, mettent en évidence les facteurs à l’origine de ces variations. Ces indicateurs montrent que le fardeau de la dette s’alourdit, contribuant à fragiliser les économies.

Si, en moyenne, le ratio de la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire par rapport à leur revenu national brut (RNB) «est resté modéré (à 26%), il atteint près de 35% si l’on ne tient pas compte de la Chine, qui affiche un ratio de seulement 14%. De même, le ratio de la dette par rapport aux exportations dans ces pays s’élève à 120% si l’on exclut la Chine, qui affiche un taux bien inférieur (68 %).»

En outre, un nombre croissant de pays enregistrent un ratio dette/RNB élevé. La part des pays à revenu faible et intermédiaire affichant un ratio dette/RNB inférieur à 30% a ainsi reculé, de 42% voici dix ans à 25% actuellement. En même temps, la part d’entre eux présentant un ratio dette/RNB supérieur à 60 % et à 100% a grimpé à 30 et 9% respectivement.

Les données révèlent aussi un tassement des nouveaux emprunts qui souligne l’inquiétude des investisseurs vis-à-vis de la viabilité de la dette de certains pays pouvant bénéficier des financements de l’Association internationale de développement (IDA), le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres (les «pays exclusivement IDA»).

Les flux générateurs de dette en direction des pays exclusivement IDA ont progressé de 32% en 2018, ce qui a entraîné une hausse de 6% du niveau cumulé d’endettement de ces pays, qui a atteint l’année dernière 388 milliards de dollars. L’encours de la dette extérieure des pays exclusivement IDA a doublé depuis 2009. Les nouveaux engagements de prêt consentis par des entités du secteur public ont toutefois reculé de près de 4%, pour s’établir à 45,8 milliards de dollars en 2018.

Le rapport met par ailleurs en évidence un ralentissement des prêts alloués par les créanciers non membres du Club de Paris aux pays exclusivement IDA. La part des nouveaux engagements de créanciers bilatéraux non membres du Club de Paris a reculé à 17% (une évolution qui confirme une tendance à la baisse depuis 2010, où elle ressortait à 43%) tandis que la part des créanciers bilatéraux du Club de Paris est restée stable, à 12%.

La solution serait sans doute que les pays doivent se tourner vers une mobilisation plus forte de l’épargne intérieure, comme cela semble être l’orientation dans un pays comme la Mauritanie où les «financements sur ressources propres» prennent une part de plus en plus grande dans la formulation des budgets annuels.

Banque mondiale Dette Développement FMI Inégalités sociales Pauvreté

Répondre

Votre adresse email ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués d'une étoile *

*

Impulse